La nuit des taupes

L’après-midi des taupes

Nous voilà donc aux prises avec ces drôles de bestioles que sont les taupes, celles qui creusent, vivent dans le noir sont quasi aveugles et font monter de petits monticules dans nos jardins.

Philippe Quesne a décidé d’en faire les principales protagonistes de deux spectacles, l’un pour adultes, intitulé  » La nuit des taupes « , l’autre pour le jeune public et c’est  » L’après-midi des taupes « .

L’installation, qui représente le monde souterrain, avec grottes, stalactites en papier et grandes stalagmites en carton, nécessitait un grand plateau. C’est donc au Maillon-Wacken que les représentations ont eu lieu, le spectacle étant invité par le TJP et le Maillon.

A quoi fallait-il s’attendre après le défilé des Taupes dans les rues de la ville ?

A quelque chose de bizarre, d’original, de déjanté et c’est bien ce qui nous a été proposé et montré tout particulièrement dans  » La nuit des taupes « .

D’entrée de jeu on est face à une sorte de grosse boîte en carton bien éclairée. Au-dessus, à  côté, tout est plongé dans le noir. On devine, toutefois, placés côté cour les instruments d’un petit orchestre.

Un coup, puis deux, puis trois dans la cloison de la boîte! Apparaît la pointe d’une pioche et un trou qui s’agrandit, s’ouvre sur un tunnel par lequel se glisse péniblement la première taupe poussant une énorme boule. Son arrivée intempestive est bientôt suivie par celles de ses comparses qui se bousculent entremêlent leurs fourrures, poussent des grognements et finissent par faire tomber toutes les parois, donnant au monde souterrain toute l’ampleur qu’elles se promettent d’ investir.

C’est leur apparence qui nous frappe, ces épais costumes bruns ou gris signés Corine Petitpierre qui dissimulent complètement leurs visages et leurs corps, ces grosses pattes griffues, ces groins un peu porcins et leur manière pataude de se déplacer, d’aler et venir sans but réel entraînant chutes, glissades et roulades.

Dans ce monde souterrain, si leurs attitudes paraissent souvent déjantées, il n’en demeure pas moins  que ces personnages évoquent par certains de leur comportements  ceux des hommes préhistoriques. Ne se livrent-ils pas à des rituels autour de la nourriture, à des rassemblements, des jeux, des danses ?  Ne les voit-on pas s’endormir, pratiquer le coït, accoucher, s’occuper des morts, dessiner sur les parois ? Tout cela sans un mot mais accompagnés de grognements fort bien modulés.

C’est burlesque, insolite, mais aussi musical car les taupes jouent de la musique et très bien d’ailleurs et l’on s’étonne, qu’enserrées dans de tels costumes, elle y parviennent si parfaitement. D’autant qu’on finit par oublier que sous leurs apparences de grosses bêtes poilues il ya des acteurs en chair et en os, des humains qui transpirent comme  on le constatera quand, au salut, ils découvriront leurs visages ruisselant de sueur.

L’Après-midi des taupes sera un spectacle plus soft.
Ayant réussi à pénétrer dans la salle où s’est tenu un goûter d’anniversaire elles démolissent un peu tout, se jettent les restes et les boissons à la figure et dansent comme des folles avec les gros nounours trouvés dans la chambre des enfants, au son des musiques que quelques-unes d’entre elles produisent avec talent et énergie.

On est bien dans le farfelu mais après avoir vu  » La nuit..  » Cet
 » Après-midi. . » nous a paru un peu trop léger.

Par Marie-Françoise Grislin

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