Livre du mois

Luis Sepulveda, La fin de l’histoire,
Points, 176 p.

Il aurait bien aimé couler des jours
tranquilles en Patagonie. Mais voilà
que Juan Belmonte, le héros d’un Nom
de torero
doit sortir de son oubli pour
éviter que Michael Krassnoff, ex-sbire
de Pinochet et ataman des cosaques
de la Sainte Russie ne parvienne à
s’extirper de la prison chilienne où il
est retenu. Belmonte s’en serait bien
passé. Mais l’heure est au règlement
de comptes y compris à son encontre.
Et puisque c’est ainsi, il ne lui reste plus qu’à redevenir l’ombre de ce
qu’il a été.

Dans ce court roman, on retrouve toute la verve de Sepulveda,
auteur mondialement connu qui puise dans son histoire personnelle,
celle du Chili d’Allende et du coup d’Etat de septembre 1973 matière
à une excellente histoire politique et d’espionnage où l’aptitude des
hommes a changé de camp n’a d’égal que l’once de pitié qu’ils
manifestent. Mais surtout, des bas-fonds de Santiago aux steppes
russes, dans un formidable jeu de va-et-vient entre le passé et le
présent, entre la guerre civile russe et les exactions de la junte
chilienne au pouvoir, ce roman interroge une fois de plus, tel ses
anciens apparatchiks devenus oligarques, la justesse des causes que
l’on poursuit.

Par Laurent Pfaadt

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