Archives de catégorie : Exposition

Une humanité en ruines

Temple Bel
© Iconem DGAM

Une exposition choc
revient sur les
destructions de
plusieurs grandes
cités millénaires

Un vieil homme,
barbe blanche,
chapeau en feutre
avance, appuyé sur une canne, dans les couloirs de l’exposition. « Je me souviens de cette
ville où toutes les communautés vivaient en paix, de caravansérails de
toute beauté »
lâche-t-il, amer, devant les ruines d’Alep, cette ville
que le grand poète médiéval Abul ʿAla Al-Maʿarri comparait au jardin
d’Eden et qui est devenue la Guernica du 21e siècle.

Cette cité millénaire comme Palmyre, la ville de la reine Zénobie,
l’irakienne Mossoul et son mausolée de Jonas ou la libyenne Leptis
Magna magnifiée par l’empereur romain Septime Sévère sont au
cœur d’une exposition spectaculaire. Il faut dire que l’expérience de
la réalité augmentée nous a convaincu de pousser les portes d’une
exposition que l’on redoutait fastidieuse. Cette sensation disparaît
immédiatement face aux immenses ruines de Mossoul. Grâce à une
dramaturgie savamment organisée, le visiteur est immédiatement
plongé dans ces champs de bataille. Comme survolant chaque ville
depuis un hélicoptère de l’armée, on est saisi d’effroi devant ces
ruines où s’entassent rues, maisons et carcasses de voiture, devant
ces souks transformés en catacombes, devant ces maisons de Dieu
devenues des tombes. Ne manque plus que l’odeur de la mort même
si on la devine partout, tapie dans l’obscurité et rassasiée, sous cette
poussière qui recouvre l’Histoire et la pierre tel un linceul.

Dans ce ciel, noir comme l’étendard de l’Etat islamique, les
monuments reprennent, grâce à la magie de la technologie 3D, une
vie architecturale qu’elle mettra en réalité des décennies à se libérer
de ses oripeaux virtuels. Mais pour le visiteur, dans cette Mossoul où
cohabitaient musulmans, juifs, chrétiens assyriens, yézidis, l’Eglise
Notre-Dame de l’Homme ou la Mosquée Al-Nouri où s’exprima
l’imam Al Baghdadi, le 4 juillet 2014 après la prise de la ville,
recouvrent leurs vies d’avant. Des photos datant des années 1930 et
les témoignages de ces héros, simples citoyens ou religieux
résistants ayant chacun à leur manière sauvé une partie de la
mémoire de leur ville, viennent rappeler les innombrables richesses
matérielles et immatérielles contenues dans ces cités et qui ne
seront jamais vaincues. Tel le père Michaeel Najeeb, prêtre
dominicain qui sauva une partie de la bibliothèque de Mossoul des
autodafés islamistes, qui témoigne dans cette exposition et dans un
livre récent. « Les hommes sans passé, sans racines, ont perdu leur âme »
estime ainsi celui qui, en sauvant les livres, sauva aussi les hommes.

Plus loin, les ruines romaines de Leptis Magna et de Palmyre offrent
le même spectacle de désolation. Au final, l’expérience 3D
développée par Ubisoft, leader mondial du jeu vidéo, ne fait
qu’ouvrir un peu plus les portes de notre imaginaire avec cette
chaleur libyenne ou ces pigeons sous les voûtes de l’église de
Mossoul en nous offrant un surplus de sensations fortes. Mais
l’essentiel est ailleurs. Il est dans la contemplation de ces ruines
encore fumantes et surtout dans leur signification. Des générations
entières de peintres et d’écrivains ont pleuré devant la beauté des
ruines romaines, mille ans après la destruction de l’Empire par les
Barbares. Nos larmes de dégoût, de tristesse face aux méfaits de
leurs successeurs sont-elles amenées dans un siècle, un millénaire, à
devenir romantisme ? C’est à cela que la technologie mise au service
de cette exposition doit servir : à ne jamais banaliser ce qui a été fait
pour que, comme le rappelle Michel Al-Maqdissi, ancien directeur
du service des fouilles de Syrie, Palmyre puisse « rester l’espace
prodigieux né de la terre et du sable dans lequel la volonté divine
transforma la steppe en une puissance terrestre »
.

Le vieil homme est là, assis sur un banc face au théâtre antique de
Palmyre. Inconsciemment, il a ôté son chapeau comme pour rendre
hommage à Khaled Assaad, l’ancien directeur du site exécuté par
l’Etat islamique en août 2015. « Quelle tristesse de voir l’homme
saccager l’humanité »
lâche-t-il avant d’ajouter « une fois de plus ». Tout
est dit.

Par Laurent Pfaadt

Cités millénaires, voyage virtuel de Palmyre à Mossoul,
Institut du Monde Arabe,
jusqu’au 10 février 2019

A lire : 

Catalogue Cités millénaires :
Voyage virtuel de Palmyre à Mossoul, Aloudat, Nala (direction), Institut Monde Arabe,
Chez Hazan, 120 p.

Père Michaeel Najeeb, Romain Gubert, Sauver les livres et les hommes,
Chez Grasset, 180 p.

Le monde dans sa main

Pieter Bruegel d. Ä.
(Autour de 1525/30 , Breugel ou Antwerpen 1569 Bruxelles)
Le suicide de Sauls
Kunsthistorisches Museum Wien
© KHM-Museumsverband

A l’occasion du 450e
anniversaire de la
mort du peintre
flamand Bruegel
l’Ancien, le
Kunsthistorisches
Museum de Vienne
présente une
rétrospective
grandiose.

Des tableaux comme
des allégories de la
vie et de la mort. Des œuvres qui sont entrées dans la mémoire
collective de l’humanité et qui accueillent, gigantesques, le visiteur
dès l’entrée de cette exposition monumentale, première grande
monographie de Pieter Bruegel l’Ancien (1525-1569). La main du
peintre est là, en plâtre. Elle tient un pinceau mais au fur et à mesure
que l’on entre dans cette aventure picturale, on se rend très vite
compte qu’elle peignit bien plus que de simples tableaux.

Figure majeure de l’école flamande après la mort d’un Jérôme Bosch
dont on perçoit immédiatement la filiation, Bruegel l’Ancien excella
dans le traitement minutieux des détails de ces scènes de la vie
quotidienne si typiques de la peinture flamande (Le combat de
Carnaval et de Carême
, 1559) où il porta à son paroxysme ce travail
de miniaturiste appris au contact de sa belle-mère, Mayken
Verhulst. Le cycle des Saisons qui réunit pour la première fois depuis
350 ans, quatre des six tableaux du maître – seuls les Récoltes de
New York manquent à l’appel et le Printemps ayant été perdu – en
est l’exemple le plus frappant. L’émotion est grande de voir ainsi
réuni ces chefs d’œuvre comme au temps de leur création. D’ailleurs,
le visiteur n’est pas au bout de ses surprises puisqu’il découvre
quelques œuvres jamais montrées comme cet Ivrogne poussé dans la
porcherie
de 1557 prêté par un collectionneur privé.

Avec Bosch, Bruegel partagea ce goût de la métaphore. Sur la mort
bien évidemment que l’on voit notamment dans l’un de ses chefs
d’œuvre, Le triomphe de la mort (1562) où le visiteur se plaît à scruter
chaque scène, chaque détail tantôt un sourire aux lèvres, tantôt les
sourcils froncés par l’inquiétude. Ici comme ailleurs, le tableau
devient tourbillon. Le mouvement est permanent. La fascination
qu’opère Bruegel n’est pas seulement esthétique, elle est également
sociologique. Car la Réforme est passée par là et la peinture n’est
plus à la glorification ni à la célébration. Dans les œuvres de Bruegel,
les hommes sont seuls, livrés à eux-mêmes. Les couleurs sont ternes.
La Tour de Babel de Rotterdam (1563) apparaît plus sombre, plus
fragile, plus menaçante. Plus loin, les rois mages sont des vieillards
décharnés (L’Adoration des mages, 1564). Humain, trop humain aurait
dit Nietzsche.

On comprend alors mieux que la peinture de Bruegel n’est pas juste
de la peinture. On est dans la métaphore, dans le conte macabre,
dans le récit fantasmé et fantastique. Les amoureux du seigneur des
anneaux ne bouderont pas leur plaisir devant le Suicide de Saul
(1562). Les autres admireront l’audace de sa composition, le «
scénario » de l’œuvre.

Bruegel joue ainsi avec la perspective et s’affranchit des codes en
vigueur. Comme tous les grands génies de la peinture, il est dans la
rupture, cette rupture qui nourrira plus tard un Goya ou un Picasso
qui, à leur tour, tiendront le monde dans leurs mains.

Par Laurent Pfaadt

Pieter Bruegel, Once in a Lifetime, de Vienne,
jusqu’au 13 Janvier 2019

Catalogue de l’exposition (en anglais) :
Bruegel, the hand of a master,
Kunsthistorisches Museum, 303 p.

La traversée des signes

CHEN Limin
Branche de cerisier, 2013
Peinture à tempera

Du 7 novembre jusqu’au 1er
décembre 2018, la galerie
associative Art’Course et
l’Institut Confucius d’Alsace
présentent « Confluence »,
une exposition collective de
peinture et de calligraphie
chinoise rapprochant l’Orient
de l’Occident dans une
dimension renouvelée du
présent, bien au-delà de
l’actuel, des modes et des
cultures. 

En donnant au trait sa plénitude de sens, la peinture chinoise,
qu’elle soit ancienne ou moderne, propose une représentation du
monde dans son infini et son universalité, ainsi que le rappelait
l’exposition présentée à la galerie Art’Course autour des œuvres de
l’artiste-peintre Chen Limin, professeure à l’Institut Confucius
d’Alsace, et des travaux de ses élèves.

Comment mettre dans un simple trait l’esprit du vent, comment
saisir l’oscillation de la joie dans le mouvement suspendu d’une
branche ou l’élan vital à l’œuvre dans l’univers par le frémissement
rendu sensible d’un pétale de fleur ?

C’est l’exercice auquel convie Chen Limin,née à GuangZhou
(Chine), tant dans son aquarelle sur papier Herbes et coquelicots que
dans sa peinture a tempera Branche de cerisier au plus près de
l’esprit de son sujet – et dans sa pédagogie C’est cela même qu’elle
transfuse, par la maîtrise de la verticalité du pinceau, à ses élèves
qui trouvent leur langage par ce jeu subtil de cultures croisées qui aiguise la perception du réel – et c’est ainsi que jaillit l’étincelle :
« Pour pouvoir bien tenir le pinceau, il faut y entraîner ses muscles
jusqu’à ce qu’ils enregistrent le mouvement, savoir prendre le temps de
saisir ce mouvement dans la maîtrise du détail et utiliser toute la force
du corps à cet effet.
 »

Si en Orient l’on découvre le centre de toute chose et de soi-même
dans le vide parfait et le non-être, l’exposition « Confluence » jette
des passerelles tressées de sens avec l’Occident. Ainsi, après avoir
vu l’artiste Kaixuan Feng « peindre avec ses cheveux », Marie Hein a
emprunté cette passerelle pour réaliser à son tour cet équilibre
subtil, selon une peinture de la dynastie Song, entre l’encre de
Chine, l’eau, le grain du papier chinois et la pression du pinceau
dans son Ode à l’orchidée : «  Grâce à mon fils, élève en langue chinoise,
j’ai découvert l’Institut Confucius et l’univers de la culture chinoise.
Depuis,  cette initiation à diverses techniques de peinture chinoise
permet d’éveiller  ma sensibilité en laissant s’exprimer le corps et l’esprit.
Cette discipline tellement enrichissante, tant par les rencontres que par
la pratique,  est une incitation à la méditation et d’une certaine manière
à la relaxation.
 »

Comme partie sur les traces de Fabienne Verdier en quête de
l’infini au bout du pinceau, Vivianne Pierru, tombée amoureuse de
l’art chinois après trois voyages, est l’une des toutes premières
élèves de l’Institut Confucius. Elle s’inspire d’une peinture de la
dynastie Song pour composer Poésie où elle imagine des lettrés
installés au bord de l’eau et s’adonnant au jaillissement du verbe.
L’épitaphe du poète Keats proclamait : « Ici repose quelqu’un dont le
nom fut écrit sur l’onde 
». Nul créateur ne l’ignore : ce qui a été écrit
sur l’onde est ineffaçable – comme le trait habité par le sens
indicible…

Implanté depuis 2007 à Strasbourg, l’Institut Confucius est un
établissement culturel public à but non lucratif qui dispense des
cours de chinois, contribue à la diffusion de la culture chinoise,
forme des professeurs à l’enseignement du chinois et leur fournit
des ressources pédagogiques, développe la recherche sur la Chine
contemporaine, soutient les activités d’enseignement locales et
délivre les diplômes de langue HSK (pinyin : Hanyu Shuiping
Kaoshi).

La galerie Art’Course, créée en 2012, installée dans le quartier gare
et gérée par l’association du Corbeau, est un lieu d’échange, de
promotion et de diffusion des arts plastiques à Strasbourg.
Présidée par la sculptrice Myrtille Béal (Prix des Arts de l’Académie
rhénane en 2012 pour l’ensemble de son œuvre), elle accueille dans
ses deux salles, sur une superficie de 110 m2, un Marché de Noël
des créateurs du 5 décembre 2018 au 5 janvier 2019. Une autre
musique pour faire danser la vie avec les flocons légers au point
d’orgue festif du solstice d’hiver rendant le monde à la part
d’enfance de chaque sept milliardième d’humanité.

Par Michel Loetscher

Galerie Art’Course
49a rue de la Course
67000 Strasbourg

www.galerieartcourse.com

Dans les pas de Mahler

Leonard Bernstein et le chancelier autrichien Bruno Kreisky, 1978

Leonard Bernstein a
entretenu une
relation particulière
avec Vienne et à
travers elle avec
Gustav Mahler qu’il
contribua à
redécouvrir.

Leonard Bernstein
demeurera à jamais
le plus viennois des
compositeurs et des chefs d’orchestre américains. Partout, dans la
capitale autrichienne, il est possible de croiser l’ombre de Lenny,
suivant bien souvent celle de son illustre aîné, Gustav Mahler. Pour
cela, il faut arpenter le Ring, la célèbre avenue et entendre le
tramway entonner sa symphonie.

D’abord à l’Hôtel Bristol face au Staatsoper où le maestro avait ses
habitudes, succédant ainsi à un certain Serge Rachmaninov. Sa suite,
la 266, qui fut également celle du ténor Enrico Caruso, possédait
lors de ses venues un Bösendorfer sur lequel Bernstein composait et
il n’était pas rare qu’il convoque un membre du personnel ou le
concierge en chef pour recueillir leurs avis. D’ailleurs ce dernier,
Wolfgang, aujourd’hui à la retraite, se souvient encore aujourd’hui
avec émotion de ces moments privilégiés partagés avec ce grand
chef qu’il appelait simplement Lenny et à qui il réservait quelques
bouteilles de Ballantine’s douze ans d’âge ou les meilleurs steaks
tartares de la ville. Un jour de 1986, alors que la suite grouillait
d’invités, Wolfgang demanda au maestro si le mets était à son goût.
Mais Bernstein fit la moue. Le concierge demanda alors au chef ce
qui n’allait pas. Bernstein commanda du cognac qu’il versa sur la
viande et sa bonne humeur revint. Et lorsque Leonard Bernstein
quitta la capitale autrichienne, il demanda à Wolfgang s’il pouvait
faire quelque chose pour lui, lui offrir des CDs ou lui signer des
autographes. La réponse du concierge ne se fit pas attendre : « Oui.
Revenez à Vienne ».

Chez Dacapo Klassik, le magasin de musique voisin, on se souvient
encore avec émotion de ses interprétations de Beethoven, Sibelius
ou Mahler. Celles-ci dégageaient « quelque chose que j’ai du mal à
définir. Peut-être une extrême sensibilité »
avoue le disquaire qui peine
à trouver ses mots, près de trente ans après la mort de Bernstein.

Nos pas nous conduisent inévitablement devant le Musikverein. Ici
dans cette salle mythique résonnent encore les notes de Gustav
Mahler. Bernstein y vint pour la première fois dans les années 60
pour y diriger le mythique Wiener Philharmoniker qui fut l’orchestre
de Mahler. A cette époque, plus personne ou presque ne connaissait
le créateur du Lied von der Erde. « En commençant les répétitions, il
s’aperçoit de l’hostilité de l’orchestre, qui joue les œuvres de son ancien directeur en trainant les pieds, voir en y mettant de la mauvaise volonté »
écrit le journaliste Christian Merlin dans son livre consacré au
Philharmonique de Vienne (Buchet-Chastel, 2017). A force de
concerts et de persuasion, Bernstein fit redécouvrir celui qui reste
aujourd’hui, l’un des plus grands génies du 20e siècle. Entre 1960 et
1967, il est ainsi le premier à enregistrer la première intégrale des
neuf symphonies du maître. Et en même temps, lui, le juif new-
yorkais confronta le Wiener Philharmoniker à son ancien chef et à
ses vieux démons qui tenaient encore à cette époque quelques
archets. Lui-même affirmait d’ailleurs lucide « qu’il était impossible de
savoir si le public qui vous acclamait contenait une personne qui, vingt-
cinq ans plus tôt, vous aurez abattu. Mais, il est préférable de pardonner,
et si possible, d’oublier »
rappelle-il dans une exposition que lui
consacre le musée juif de Vienne. Armé de sa seule baguette,
Leonard Bernstein obligea ainsi l’histoire de la musique viennoise à
regarder son passé dans les yeux d’un Mahler qui, banni de Vienne
par cet antisémitisme qui allait ravager l’Europe, s’installa à New
York où il dirigea l’orchestre philharmonique de New York jusqu’à
son décès en 1911. Près d’un demi-siècle plus tard, en 1960,
Leonard Bernstein devenait le chef de ce même orchestre. Dans la
foule, Alma Mahler, veuve du compositeur assistait au concert. A sa mort le 5 septembre 1990, Bernstein était enterré avec un
exemplaire de la cinquième symphonie de Mahler. La boucle était
bouclée.

Par Laurent Pfaadt

A voir : Leonard Bernstein. Ein New Yorker in Wien,
jusqu’au 28 avril 2019, Jüdisches Museum Wien

Le Caravage du 20e siècle

La Cinémathèque française nous ouvre les portes du cinéma de
Sergio Leone.
Excitant et magnifique

Un téléphone qui sonne en vain dans une pièce. Un sifflement
familier qui résonne dans le lointain. Dès l’entrée, la rétrospective
que consacre la cinémathèque française à Sergio Leone donne le
ton, celui d’une voix et d’une musique qui ne nous ont jamais quitté,
qui trottent toujours et encore dans nos têtes et nous ramènent à
des évènements culturels familiers qui ont construit à tout jamais
notre imaginaire de petit garçon puis d’adulte. Car, que l’on ait
trente, quarante, cinquante, soixante ou soixante-dix ans, Sergio
Leone, ses films, ses dialogues et la musique d’Ennio Morricone sont
ancrés en nous. A tout jamais.

Sergio Leone, c’est l’histoire d’un petit gars qui a grandi dans le
milieu du cinéma, d’un héritier apprenant son métier au contact des
plus grands (Vittorio de Sica, William Wyler) et devenu un affranchi
lorsqu’il décide après un premier film (le colosse de Rhodes, 1964) de
révolutionner le cinéma en transposant le Yojimbo de Kurosawa au
Far-West. Ce sera Pour une poignée de dollars. Alors comme tous les
visiteurs, on trépigne d’entrer dans ses westerns spaghettis et
surtout de briser la vitrine renfermant la Winchester de l’homme
sans nom du Bon, la Brute et le Truand et de tirer sur la corde d’un
Tuco condamné à mort.

Les sources d’inspiration de Sergio Leone furent multiples : peinture
(Di Chirico pour les paysages dépouillés de ses westerns, Goya et
son tres de Mayo dans la scène d’Il était une fois la révolution, Renoir,
Rembrandt ou Vermeer), littérature avec Homère que Leone
considérait comme « le plus grand auteur de westerns » selon Ennio
Morricone, Cervantès ou Shakespeare et bien entendu le cinéma
(Chaplin, John Ford). Elles formèrent une œuvre inédite,
révolutionnaire. « Leone est le chapitre fondateur d’un cinéma
transnational, globalisé, mais aussi enraciné dans la tradition italienne et
pas seulement »
rappelle ainsi Emiliano Morreale dans le catalogue
qui accompagne l’expo et se lit comme un roman.

Et c’est là qu’on comprend cette filiation avec le Caravage. Rapport
différent au temps, très gros plans sur ces bottes ou ces barbes,
choix des figurants, ces anonymes aux trognes immortelles qu’il
allait chercher comme le Caravage dans les bas-fonds de la capitale
romaine. La fidélité historique ne l’intéresse que si elle contribue à la
magie de ses tableaux en mouvement.

Et puis, il y a la musique d’Ennio Morricone, ce clair-obscur de la
pellicule, composée avant de tourner les films et que Leone passait
aux acteurs pour les mettre en condition. « Sergio avait conseillé à
Clint Eastwood de ne jamais oublier d’exprimer intérieurement des
insultes et des invectives à ses interlocuteurs dans les scènes non
dialoguées. Ça donnait une énergie insolente et caustique aux scènes,
même si le face-à-face était muet. Les musiques avaient pour but de
renforcer tout ça »
rappelle Ennio Morricone dans ses mémoires.

Nos chaussures martèlent le parquet, un vent chaud souffle dans le
noir. On regarde nos pieds. Non, il n’y a pas d’éperons. On lève la tête
et on observe notre reflet dans ce miroir surmonté d’une pomme. Ce
dernier s’estompe et apparaît alors celui d’un Robert de Niro vieilli,
en lutte avec ses souvenirs dans le cultissime Il était une fois
l’Amérique
dont on apprend que la première version du scénario fut
signée Norman Mailer. On admire les décors et les costumes mais
dans nos têtes, les souvenirs magnifiques que chacun conserve de
Sergio Leone ne nous quittent plus. La musique d’une Poignée de
dollars
mit plusieurs jours à s’estomper.

Par Laurent Pfaadt

Il était une fois Sergio Leone, Cinémathèque française,

Sergio Leone © Sanaa Rachiq

jusqu’au 27 janvier 2019

La programmation cinématographique est à retrouver sur www.cinematheque.fr

A lire le catalogue de l’exposition : Gian Luca Farinelli
et Sir Christopher Frayling, La révolution Sergio Leone,
éditions de la Table Ronde, 512 p.

Ennio Morricone,
Ma musique, ma vie, entretiens avec Alessandro De Rosa,
éditions Séguier, 624 p.

Balthus : géométrie secrète d’une sauvagerie feutrée

Même si Passage du Commerce-
Saint-André (1952-1954) est un
prêt de longue durée visible en
permanence au musée, monter
une rétrospective Balthus ne
coulait pas de source pour la
Fondation Beyeler. Les goûts
d’Ernst et Hildy les portaient plus
naturellement vers d’autres
univers. Des convergences
s’invitent malgré tout. Balthus
était un ami de Giacometti et
avait ce lien privilégié avec la
Suisse où il a passé son enfance,
convolé pour ses premières noces et établi sa dernière villégiature : la
Rossinière dans les Alpes vaudoises. Une connivence confortée par la
présence amicale de sa veuve, Setsuko Ideta lors de l’ouverture. La
rétrospective d’une quarantaine de toiles couvre l’ensemble de sa vie
d’artiste de 1928 à 1994.

Parution hebdoscope 1054 octobre 2018

Suite de l’article de Luc Maechel

 

 

A la Ville et Eurométropole de Strasbourg

La preuve nous en est donnée chaque début de saison à l’annonce des programmes que nous ont concoctés les différentes institutions de la Ville et Eurométropole de Strasbourg.

Dans les choix multiples qui nous sont proposés quelques spectacles nous attirent plus particulièrement.

Au TNS « Le partage de midi », une des grandes oeuvres de Paul Claudel, mise en scène par Claude Vigner.

« SaÏgon » de Caroline Guiela Nguyen où l’histoire bouscule la vie des gens.

« Thyeste » de Sénèque dans la mise en scène de Thomas Jolly dont la création a eu lieu au Festival d’Avignon cet été dans la cour d’honneur du Palais des Papes.

« I am Europe » qui signe les retrouvailles avec Falk Richter dans une pièce politique qui nous parle d’émigrants et de frontières.

« John » une des premières pièces de Wadji Mouawad sur le suicide des adolescents  dans une mise en scène de  Stanislas Nordey.

« Qui a tué mon père » d’Edouard Louis, également mis en scène par Stanislas Nordey,une réflexion sur la violence sociale.

Au TNS deux auteurs « classiques dans de grands textes sur la passion amoureuse

« La dame aux camélias » d’Alexandre Dumas fils mis en scène par Arthur Nauzyciel

« Les palmiers sauvages » de William Faulkner par Séverine Chavrier directrice du CDN Orléans/Centre Val de Loire.

Dans le foisonnement des spectacles inscrites au programme du Maillon certains nous semblent quasiment indispensables à voir, comme:

« Hymn to love » de Marta Gornicka qui dirige ce choeur saisissant qui dénonce le populisme  comme précédemment dans son « Magnificat » il dénonçait  le sort réservé aux femmes dans la catholique Pologne.

« Eins zwei drei » qui signe le retour de Martin Zimmermann

« Bacchantes-Prélude pour une purge « , un spectacle de danse joyeux et ébouriffé de la chorégraphe cap-verdienne Marléne Monteiro Freitas présenté avec Pôle-Sud

« Beytna » un grand rituel avec invitation à partager un repas élaboré pendant la représentation du chorégraphe libanais Omar Rajen en collaboration avec, entre autres, le belge que nous connaissons bien, Koen Augustijnen

« Requiem pour L. », retour très attendu des Ballets C de la B pour cette oeuvre de Mozart interprétée par des artistes  venus de plusieurs continents dirigés par Fabrizio Cassol et Alain Platel, présenté avec Pôle-Sud

« Optraken » du Galactik Ensemble  présente cinq acrobates  performant et drôles

« Humanoptères » de Clément Dazin nous emmène à Offenburg pour apprécier les sept performers-jongleurs qui s’y produiront.

A suivre aussi l’exposition « Un siècle sans entracte », une histoire du Wacken 1924-2019 avant la démolition de ce lieu chargé de bien des souvenirs.

La programmation des TAPS nous interpellent avec plus de vingt spectacles pleins d’humanité et de sensibilité.

En tout début de saison nous retrouvons avec bonheur Mounia Raoui, une actrice que nous avons beaucoup appréciée dans les mises en scène de Jean-Louis Martinelli quand il dirigeait le TNS. Mounia Raoui expose dans « Le dernier jour où j’étais petite » les tourments de sa vie d’artiste.Jean-Yves Ruf l’accompagne dans sa mise en scène.

De Marivaux on pourra voir « La seconde surprise de l’amour »;

« Jeunesse » de Joseph Conrad mis en scène par Guillaume Clayssen

« Partout la main du rêve a tracé le dessin » à partir  des dessins et écrits de Victor Hugo ,spectacle conçu et mis en scène par Jean-Marc Eder

Parmi les auteurs à l’affiche:Tchékov (Le chant du cygne); OdÖn von Horvàth (Allers-retours); Serge Valletti (Carton plein);Molière un « Avare » mis en scène par Fred Cacheux.

A noter pour le jeune public « Souliers rouges » d’Aurélie Namur  mise en scène De Félicie Artaud  et « Sur la route de Poucet » d’après Charles Perrault par Mathieu Létuvé.

Le TJP continue sa programmation qui lie indéfectiblement Corps Objet Image dans un nouveau sigle COI. Enfants jeunes ou moins jeunes , adultes sont invités à suivre tous les spectacles et les quatre Week-ends qui proposent de vivre des expériences artistiques en particulier sur le thème de l’attention.

Parmi bien d’autres, nous avons retenu

En début de la saison  la création de Renaud Herbin « At the still point of the turning world », avec une danseuse(Julie Nioche) deux marionnettistes ,une musicienne et plein de marionnettes;

De la danse encore et des sculptures  pour ce « Swing Museum » signé Héla Fattoumi et Eric Lamoureux, et aussi, présenté avec Pôle-Sud « Laisse le vent du soir décider » avec les performeurs danseurs  Damien Briançon et Etienne Fanteguzzi de la Cie Espèce de Collectif qui montent sur le plateau un meccano géant et allient danse invention et dérision.

Le retour d’Eve Ledig avec sa dernière création « Un opéra de papier » où elle marie, comme toujours poésie et questionnement sur la vie.

Deux spectacles que nous sommes curieux de découvrir: présenté par le Rodéo Théâtre » La vie devant soi » d’après l’ouvrage éponyme   de Romain Gary (Emile Ajar)

et  de Silvia Costa « Dans le pays d’hiver » présenté avec Le Maillon, une adaptation  des « Dialogues avec Leuco » De Cesare Pavese en italien surtitré en français.

Pôle-Sud,  qui est centre de développement chorégraphique national, propose une riche programmation de danse contemporaine.

Entre bien d’autres nous avons retenu « La danse aux Musées »

au MAMCS avec Hela Fattoumi et Eric Lamoureux (entrée libre) »OSCYL variation »

au Musée de l’oeuvre Notre-Dame avec Mark Tompkins, Philippe Poirier, Rodolphe Burger et La Cie Dégadézo et une cinquantaine de participants (entrée libre) »Entrons dans la danse »;

« Bacchantes-Prélude pour une purge » le spectacle burlesque de Marlène Monteiro-

Freitas  au Maillon.

Danse et jeux mêlés au TJP avec « Laisse le vent du soir décider »

signé Alain Platel et Fabrizio Cassol  de Damien Briançon et Etienne Fanteguzzi

un spectacle plein d’humour et de réminiscences au titre prometteur et engagé « El pueblo  unido jamàs serà vencido » d’Alssandro Bernardeschi et Mauro Paccagnella de la Cie Wooshing Machine

Energie et humour noir avec Ann Van Den Broek dans « Accusations »

Energie et humour léger dans »Idiot-Syncrasy » d’Igor et Moreno

Au Maillon, Les Ballets C de la B pour un magistral « Requiem pour L. »

Amala Dianor, artiste associé  à Pôle-Sud présente à Hautepiere « The Falling stardust » où se croisent différents styles de danse

A suivre le Festival ExtraDanse qui  compte de  belles prestations, à voir entre autres « Les Gens  de Fouad Boussouf qu fait se rencontrer les danses traditionnelles du Maroc avec le Hip Hop.

Enfin, en Juin, on suivra  avec Extra Ordinaire les réalisations produites par les rencontres entre 13 artistes invités et les gens des quartiers Meinau-Neuhof dans le cadre des Scénographies Urbaines qui en sont à leur 8ième édition.

Un magnifique choix de spectacles pour cette saison 18-19

Par Marie-Françoise Grislin

André Evard

© Claude Menninger

C’est en 2005 que
Jürgen A.Messmer
fonde la galerie du
même nom en
mémoire de sa fille
Petra trop tôt
disparue. La
première
exposition rendait hommage au peintre et dessinateur suisse André Evard en
l’honneur duquel un prix international décerné à de jeunes
artistes a été créé.

La galerie Messmer qui a présenté de nombreux artistes tels
George Braque, Pablo Picasso, Salvador Dali, Raoul Dufy,
Victor Vasarely et bien d’autres grands noms, renoue cet été
avec la prédilection affichée de Jürgen A.Messmer pour les
œuvres d’André Evard.

Né en 1876 à Renan dans le Jura suisse, l’artiste part vivre à
la Chaux-de-Fonds puis s’installe à Paris de 1923 à 1927 où il
côtoie George Braque, Théo van Doesburg, Robert Delaunay
au Salon d’Automne ou à celui des Indépendants.

Très vite, on le considère comme un peintre d’avant-garde et
son style influencé par le pointillisme et l’expressionnisme lui
donne une place toute particulière entre cubisme et
constructivisme. Car André Evard n’a cessé d’osciller entre
l’art abstrait et l’art figuratif et de mélanger les genres pour
développer un style singulier, identifiable entre tous.

Inspiré par la nature, d’où le titre de l’exposition « Farben der
Natur » (Couleurs de la nature), André Evard a peint moult
natures mortes et paysages pour se tourner définitivement
vers une vision panthéiste et figurative de la nature. Les
œuvres accrochées à la galerie en témoignent, les couchers
de soleil embrasent l’horizon jusqu’à le transcender, les
nuages s’étirent, flamboient dans le bleu ou le rose, les
arbres en fleurs font vibrer la toile…

C’est une nature débordante de vie que le peintre nous
octroie dans une profusion de couleurs vives parfois insolites
mais qui expriment toujours la quête de la lumière pure. Ces
couleurs prégnantes où dansent le rouge, le bleu, le jaune, le
rose nous en mettent plein les yeux pour nous inviter à
entrer dans les tableaux de l’artiste jusqu’à nous immerger
dans un bain de lumière qui a partie liée avec notre cosmicité
et notre part d’éternité. André Evard possède le don de nous
restituer le rythme du monde car comme nous le rappelait
Bachelard « L’Art est l’écoute de notre voix intérieure », cette
voix, le peintre la porte jusqu’aux marges de l’infini où elle
entre en résonance avec la nôtre dans une parfaite harmonie
avec le temps qui nous traverse, nous fait et nous défait.

Françoise Urban-Menninger

Galerie Messmer à Riegel dans le Kaiserstuhl

Jusqu’au 9 Septembre 2018

 

Cléone au musée Würth d’Erstein

Photo Claude Menninger

La passion chevillée
au corps

Hélène de Beauvoir, dont je
m’abstiendrai de préciser
qu’elle est la sœur de…,
collectionne depuis peu les
hommages alors qu’elle aurait
tant souhaité être reconnue de
son vivant ! Lors d’une
rencontre avec l’artiste à
Goxwiller où elle m’avait invitée
à la fin des années 90, Hélène
de Beauvoir déclarait « avoir été oubliée » par Paris mais
également par les protagonistes de l’art officiel de la région.

Désabusée mais d’une énergie toujours débordante, elle
m’avait reçue alors qu’elle achevait une œuvre monumentale
réalisée sur plexiglas. Le souvenir vivace de cet après-midi
ensoleillé d’automne, c’est celui d’ une confidence
inattendue. Sur un ton espiègle, elle m’avait déclaré laisser
dans chacun de ses tableaux une note d’humour
compréhensible d’elle seule, « c’est mon petit secret », avait-
elle ajouté malicieusement.

Cette note drolatique, je l’ai retrouvée dans les créations que
Cléone dédie à Hélène de Beauvoir sous l’intitulé « La
passion chevillée au corps ».

L’ode à la féminité de la styliste fait évidemment écho aux
tableaux de l’artiste bien en avance sur son temps quant à la
définition de ce que l’on appelle aujourd’hui le féminisme.

Cléone, comme Hélène de Beauvoir a connu la notoriété à
Paris avec sa maison de couture, puis à son instar, elle s’est
installée en Alsace avec son atelier à la Petite Pierre et sa
boutique à Strasbourg rue des Hallebardes. Sa « griffe » est
maintenant signe d’élégance et de magnificence à
Strasbourg, Paris ou New York !

La styliste qui se plaît à jouer du noir et du blanc dialogue en
toute liberté et complicité avec les gravures épurées
d’Hélène de Beauvoir. « Le noir est la couleur de l’élégance »,
affirmera Cléone lors du vernissage de son exposition et
d’invoquer l’histoire du costume alsacien.

On ne peut que tomber sous le charme de ses robes
agrémentées de dentelles vénitiennes, cousues et brodées
avec des perles fines de Murano. On se prend à rêver devant
« Les gondoliers » peints en 1960 par Hélène de Beauvoir en
revêtant une robe azurée créée par Cléone qui nous invite à
prendre le large entre ciel et mer…

Devant les toiles « Neige à Courchevel » et des « Skieurs », la
robe de Cléone floconne dans une grâce immaculée,
intemporelle qui flotte tel un poème de lumière.

On retiendra également, l’image belle, envoûtante d’une
robe flamboyante qui semble entrer en dansant dans une
toile d’Hélène de Beauvoir pour s’embraser dans une
rencontre qui transcende tous les écrits et que seule l’âme
peut saisir…

La styliste qui adore les matières premières crée des « robes
transformables », elle leur ajoute comme Hélène de
Beauvoir, des petites notes magiques qui font la différence
et identifient sa griffe.

Ainsi les poches d’une robe noire deviennent-elles de petits
masques ! Cléone ne cesse d’innover et de se réinventer au
fil de ses découvertes au quotidien. Les bris d’un rétroviseur
sont recyclés, peints en blanc, bleu, dorés ou argentés, ils
sont incrustés tels des bijoux dans une ceinture aux allures
stellaires, une énorme épingle à nourrice se transforme en
fermoir de choix…

Nul doute que « La passion chevillée au corps » de Cléone
rejoint celle du bonheur de peindre d’Hélène de Beauvoir !
Ces deux femmes exceptionnelles illustrent à merveille la
prédiction d’une autre femme au destin fabuleux, celle de
Simone Veil 
qui affirmait que « Le changement passera par
les femmes » !

Françoise Urban-Menninger

Jusqu’au 9 septembre 2018

Images du corps flottant

L’exposition Corpus Baselitz du Musée Unterlinden de Colmar se concentre sur les quatre années écoulées avec des travaux d’atelier et des œuvres issues de 19 collections particulières européennes dont beaucoup n’ont jamais été montrés.

Parution hebdoscope 1052 Juillet/août

Gotik o.k, 2018
huile sur toile, Galerie Thaddaeus Ropac
photo Luc Maechel

Suite de l’article de Luc Maechel :
Baselitz : Images-du-corps-flottant