Archives de catégorie : Exposition

Des dynasties gravées dans le marbre

Dans la cadre de « la sculpture 18e », deux expositions mettent en lumière l’incroyable rayonnement de la sculpture lorraine

Neptune : détail de Neptune calmant la tempête, Lambert Sigisbert Adam, Musée du Louvre
Stanislas : détail de Stanislas Leszczynski, biscuit de porcelaine, manufacture de Paul-Louis Cyfflé, Palais des ducs de Lorraine

Stanislas est de retour. Chez lui. Dans ce château de Lunéville, ce
« Versailles lorrain » qu’il a transcendé. Voilà ce que le visiteur
ressent en contemplant la magnifique statuette en biscuit de
porcelaine à l’effigie de l’ancien roi de Pologne tirée de la
manufacture Cyfflé. Mais dès avant l’arrivée de Stanislas
Leszczynski, les ducs de Lorraine ont très vite compris que la
sculpture constituait un outil de propagande et de prestige qu’ils
s’évertuèrent à décliner sur les murs, dans les jardins et les
appartements. En témoigne ainsi ce très beau buste en terre cuite
du duc Léopold par Jacob Sigisbert Adam. Chez Léopold « l’image de
la jeunesse du souverain vêtu de la cuirasse du chef de guerre sert l’idée
d’un pouvoir conquérant » écrit Thierry Franz, responsable du musée
du château de Lunéville et commissaire de l’exposition dans le très
beau catalogue qui accompagne cette dernière. A la cour, les ducs
convièrent un certain nombre d’artistes pour donner corps à cette
ambition. Ils se nommèrent François Dumont et Germain Boffrand
et laissèrent quelques traces indélébiles comme ce formidable Titan
foudroyé du musée du Louvre.

Le duc Stanislas amena la rocaille, ce goût du mouvement magnifié
par le duo Barthélémy Guibal- François Héré à nouveau réuni pour
l’occasion. Ici, dans les jardins avec cette magnifique statue d’Apollon
ou ces fontaines de métal, làdans les appartements comme en
témoigne le magnifique miroir de la duchesse Elisabeth-Charlotte
d’Orléans, la sculpture servit les fastes du quotidien et installèrent
les sculpteurs lorrains au firmament de la statuaire française.

Parmi eux, Jacob Sigisbert Adam, patriarche d’une dynastie qui allait
rayonner sur l’Europe. Ses descendants, réunis dans la magnifique
exposition du musée des Beaux-Arts de Nancy organisée en
partenariat avec le musée du Louvre avec plus de cent sculptures,
invite le visiteur à un voyage à travers l’Europe des Lumières, de
Versailles à Potsdam en passant par Berlin et Rome.

C’est véritablement le fils de Jacob Sigisbert, Lambert Sigisbert qui
allait inscrire les Adam au panthéon de la sculpture française en
participant notamment au concours de la fontaine de Trevi organisé
par le pape Clément XII en 1730 et en réalisant un bas-relief dans la
chapelle du souverain pontife dans l’église Saint-Jean-de-Latran à
Rome. L’art de Lambert Sigisbert, profondément imprégné du
Bernin, transcende littéralement le marbre. Ses visages sont
marqués par de petites lèvres, de grands yeux et par ces muscles
tendus comme chez son Neptune calmant la tempête, l’une des plus
belles pièces de l’exposition. On reste fasciné par tant de génie,
s’attendant à tout instant à voir le dieu de la mer détourner son
regard vers nous. Son fétichisme pour les chevelures – qui restera une des marques de fabrique de la famille – ou ces drapés gonflés
par le vent dénotent une technicité assez remarquable. Comme à
Lunéville, des pièces exceptionnelles, issues de collections
prestigieuses ou jamais montrées, notamment L’Agonie du Christ au
jardin des Oliviers ou La Nativité du carmel Sainte-Thérèse de Créteil
viennent ravir les yeux du visiteur.

Les successeurs de Lambert Sigisbert sauront faire fructifier cet
héritage. Ses deux frères, Nicolas Sébastien Adam qui réalisa le
monument funéraire du duc Stanislas aujourd’hui visible dans
l’église Notre-Dame-de-Bonsecours, et dont l’exposition présente le
très beau Prométhée déchiré par un aigle ainsi que François Gaspard,
premier sculpteur à la cour de Frédéric II de Prusse, qui participa
notamment au chantier du bassin de Neptune de Versailles et
compléta les sculptures offertes par Louis XV au roi de Prusse pour
son château de Sans-souci demeurèrent fidèles à la tradition
sculpturale familiale avec leurs beaux drapés soufflés. La dernière
réalisation de François Gaspard, la très belle Minerve de 1760,
atteste ainsi de son incroyable talent.

Claude-Michel dit Clodion, peut-être le plus connu des Adam, resta les compositions mythologiques. Formé auprès de Jean-Baptiste
Pigalle, celui qui comptait quelques grands personnages de la cour
parmi ses protecteurs et auteur de la fameuse statue de
Montesquieu, laisse dans cette exposition quelques témoignages
remarquables dont le très beau relief en marbre de La Marchande
d’Amours ou Le fleuve Scamandre desséché par les feux de Vulcain qui le
rattache indubitablement à ses ancêtres.

« Vous vivrez toujours et votre ouvrage sera immortel » avait dit le roi
Fréderic du Danemark à Nicolas Sébastien Adam. Avec ces
remarquables expositions, il faut en convenir : le souverain danois
avait raison.

Par Laurent Pfaadt

La sculpture en son château. Variations sur un art majeur,
Château de Lunéville
jusqu’au 9 janvier 2022

Les Adam, la sculpture en héritage, Musée des Beaux-Arts
de Nancy
jusqu’en 9 janvier 2022

Des cadeaux grands comme des rêves

Wolfgang Volz © Christo

Une magnifique exposition et deux ouvrages de référence
viennent nous rappeler l’œuvre monumentale de Christo

A l’instar de cet arc de triomphe désormais transfiguré, l’œuvre du
génial Christo Vladimiroff Javacheff alias Christo (1935-2020) a
souvent été réduite à un « simple » emballage. Pourtant, il n’en fut
rien, n’en déplaise à ses détracteurs. Et les preuves se trouvent au
musée Würth d’Erstein en Alsace. Pourquoi là-bas ? Car l’industriel
Reinhold Würth, ami du couple Christo-Jeanne Claude possède ce
qui constitue aujourd’hui le fond privé Christo le plus important du
monde et dont cette très belle exposition en est le reflet.

Christo demeure d’abord un artiste inscrit dans une époque, celle
du Paris de la fin des années 50 avec son bouillonnement culturel où
le jeune bulgare subit l’influence d’un certain nombre de courants
notamment celui de la peinture matiériste de Jean Dubuffet. Là-bas,
Christo commença à collecter des objets qu’il recouvrit, en particulier ces bidons que l’on retrouva quelques quarante ans plus
tard dans The Wall. Dans ses dessins absolument stupéfiants, le
visiteur y lit en filigrane la pensée de l’artiste. Les croquis sont
surmontés d’une sorte de cartouche avec des détails techniques et
des échantillons du tissu utilisé. Tout est là pour que rien ne puisse
trahir la pensée de l’artiste. Car la clef de la réussite de chaque
projet tient à la fidélité des installations par rapport à la vision
initiale du maître, quel que soit la complexité de l’opération. Cela
donne des réalisations magistrales telles que The Umbrellas, Joint
Project for Japan and USA 1984-1991, séries de parapluies, bleus au
Japon et jaunes aux Etats-Unis ou Running Fence, cette clôture de 37
kilomètres installée en 1976 en Californie.

Viennent alors les grands projets : celui de The Gates de Central
Park avec ses voiles orange, du Pont-neuf à Paris, du Reichstag qui
suscita tant de critiques et que la monographie de TASCHEN ainsi
que la maquette du musée Würth placent à juste titre comme l’un
des points d’orgue de la carrière de Christo ou du fabuleux lac Iseo
en Italie (The Floating Piers) où les visiteurs, fascinés par tant de
monumentalité et de prouesse artistique, « ont l’impression de
marcher sur l’eau – ou peut-être sur le dos d’une baleine » selon l’artiste.
Les éléments sont transcendés, les repères bouleversés, l’homme
semble alors, le temps d’un instant, pouvoir dépasser sa propre
condition.

L’exposition comme les différents livres rappellent que les
performances de Christo revêtent également une dimension
écologique majeure comme en témoigne l’utilisation de tissus
recyclés (25.000 mètres carrés et 3.000 mètres de corde pour l’arc
de triomphe par exemple). Le projet Surrounded Islands de Biscayne
Bay sur onze îles au large de la Floride servant de décharges, et
choisi à cet effet par Christo, contribua ainsi à l’évacuation de près
de 40 tonnes de déchets. A la Fondation Beyeler à Bâle, les arbres
furent enveloppés avant la floraison du printemps.

Derrière ces chefs d’œuvre se cachent également l’incroyable
détermination d’un artiste, capable de patienter soixante ans
comme à Paris, avant de voir la conclusion de son projet ou de se
lancer dans un nouveau défi après un échec. A Paris où il rencontra
Jeanne-Claude en 1958, le couple n’eut malheureusement pas le
plaisir de voir aboutir leur projet. Restent pour les visiteurs une
image à jamais gravé sur leur rétine et un livre absolument génial qui
revient sur les nombreux dessins, travaux préparatoires et
négociations qui émaillèrent ces soixante années d’obstination. Les
mérites tant de l’exposition que des ouvrages que lui consacre
TASCHEN résident également dans ces différents projets qui n’ont
jamais vu le jour (Whitney Museum, Au-dessus de la rivière
Arkansas, etc…). Ils montrent ainsi que Christo demeura jusqu’au
bout un artiste qui dut convaincre.

« Je n’aurais jamais pensé que cela arriverait un jour… mais je veux que
vous sachiez que nombre de ces projets peuvent être construits sans moi.
Tout est déjà sur le papier » avait un jour dit Christo. Le projet du
Mastaba d’Abu Dhabi composé de bidons de pétrole qui referme le
livre et l’exposition, a, au regard de ces mots, quelque chose de
prémonitoire. Ce vieux projet, débuté en 1976 mais abandonné au
moment de la guerre Iran-Irak (1980-1988), devrait ainsi boucler
cette démarche entamée quelques soixante-cinq ans plus tôt : celle
d’une œuvre permanente qui se veut à la fois la quête artistique
d’une vie, le manifeste d’un homme de son temps et un jalon
civilisationnel comme le fut celui des pyramides d’Egypte. On est
donc bien loin du paquet cadeau…

Par Laurent Pfaadt

© TASCHEN

A voir :
Christo et Jeanne-Claude Collection Würth, musée Würth France, Erstein, jusqu’au 20 octobre 2021
A lire :
Christo and Jeanne-Claude. L’Arc de Triomphe, Wrapped, Paris, 1961-2021, 128 pages, TASCHEN
Christo and Jeanne-Claude, 40th Edition, 512 pages, TASCHEN
Pour aller plus loin :
Andreï M. Paounov, Christo, Marcher sur l’eau, DVD, Dissidenz Films
Jörg Daniel Hissen, Wolfram Hissen, Christo & Jeanne-Claude, L’art de cacher, l’art de dévoiler, à voir sur Arte replay
jusqu’au 13 décembre 2021

Une passion marocaine

Le Musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain de Rabat présentait une exposition dédiée au voyage marocain d’Eugène Delacroix

Eugène Delacroix
© Musée des beaux-arts de Dijon

Ses chevaux, ses cavaliers, sa touche orientaliste sont connus de
tous et restent à jamais attachés à son art. C’est ici, dans le royaume
du Maroc, entre mer et désert que la peinture d’Eugène Delacroix
prit forme. L’’exposition du Musée Mohammed VI d’Art Moderne et
Contemporain, élaborée en coopération avec les musées du Louvre
et Eugène Delacroix de Paris, revient ainsi sur le voyage qu’effectua
le peintre entre janvier et juin 1832 à l’occasion de l’ambassade
diplomatique du comte de Mornay, auprès du sultan Moulay-Abd-
Er-Rahman.

Si le fameux tableau du sultan est resté au musée des Augustins de
Toulouse, le visiteur reste fasciné par le travail préparatoire du
peintre, de l’esquisse venue du musée de Dijon (1832) aux eaux-
fortes et lithographies qui montrent son exceptionnel génie. Ces
dessins qui s’inscrivent dans la tradition des Daumier et Doré,
dévoilent un sens aigu de l’observation que le trait du peintre
restitue à merveille comme dans cette étude du bournous où chaque
fil se compte et s’admire. La lithographie de La Noce juive (1849),
certainement l’une des plus belles pièces de l’exposition, qui servit
de base au tableau du Louvre, se contemple sans fin, tant le trait, les
expressions des personnages et la composition appartiennent à la
fois à son temps et tracent une modernité artistique à venir.
D’ailleurs, les chevaux de Delacroix observés lors de fantasias et si
emblématiques de son art, impulsent dans les tableaux du Louvre
(Passage d’un gué, 1858) et Bordeaux (Cavalier de la garde du sultan,
1845), une sensation de mouvement qui inspira tant de peintres à
venir.

Car le musée Mohammed VI est avant tout une institution
consacrée à l’art moderne et contemporain et les commissaires ont
voulu inscrire Delacroix dans cette modernité qu’il a induit, tant
dans son alchimie picturale que dans ses compositions et dans
l’impact de l’expérience marocaine. Les œuvres d’Odilon Redon ou
d’Henri Matisse en témoignent assurément. Preuve que les voyages
continuent et continueront d’alimenter l’inconscient des artistes et
de visiteurs séduits par la beauté des coutumes et des paysages du
Maroc.

Par Laurent Pfaadt

« Delacroix, souvenirs d’un voyage au Maroc », Musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain de Rabat, jusqu’au 9 octobre 2021

L’union fait la force : une œuvre

Robert Becker & Dominique Haettel Fleurs fabuleuses pavot, peinture sur photo 21 x 31

Cette exposition se veut faire œuvre en associant différents
médiums, écritures, techniques et pratiques artistiques telles que :
une rencontre entre la calligraphie et la sculpture, la peinture et la
photographie, un cadavre exquis et un monochrome, une fleur des
champs et une fleur des villes…

Le tout est de réussir la scénographie, un beau pari.

Nous avons invité les artistes à unir leurs forces pour faire œuvre(s).
Ne pas rester seul, œuvrer ensemble pour créer des instants
propices à la rencontre : Une exposition. Ils ont répondu présent.

La rencontre entre Benoît Schwaller & Jean-Michel M. Pouey de
Juillacq : « […] Ce qui est remarquable, c’est que la directive, somme
toute très vague, et la récupération fortuite de deux cloches de
sonnerie d’école, aient conduit à réaliser ce chef-d’œuvre que Benoît
attendait de ma part sans pour autant en avoir esquissé le moindre
contour. D’un point de vue scientifique, cela relève du pur hasard,
car l’ensemble des projets de collaboration dans une œuvre
commune est très faible : un seul événement ! La probabilité de
tomber pile-poil dans le mille était donc extrêmement faible et
tendait vers zéro ! Peut-on alors avancer le mot « miracle » pour
qualifier le phénomène ou bien faut-il nous réjouir d’avoir échappé à
la catastrophe de l’échec ? On en viendrait presque à soupçonner
l’hypothèse de la possibilité d’une présomption d’existence de
Ptah, dieu des arts, mais cela reste bien évidemment encore à
démontrer ».

Les artistes
Karim Allaoui | Myrtille Béal & Brigitte Béguinot | Yaleika | Robert
Becker & Dominique Haettel | Louis Danicher | Moins12Prod |
Jean-Michel M.Pouey de Juillacq & Benoit Schwaller

Galerie Art’Course
67000 Strasbourg
www.galerieartcourse.com

Europäische Kulturtage

Die Auseinandersetzung über die Versprechen Europas geht
auch nach den EKT weiter.

Jazz & Literatur „Gehen oder die Kunst, ein wildes und poetisches Leben zu führen“
Foto: Badisches Staatstheater

Viele digitale Produktionen sind weiterhin im Internet unter
www.europaeische-kulturtage.de abrufbar. Die Ausstellungen
bleiben bis zum Ende ihrer Laufzeit aufgebaut und können, wenn
Museen und Ausstellungshäuser wieder öffnen, vielleicht doch noch
persönlich vor Ort besichtigt werden.

Bleibend ist auch das zu den EKT erschienene Europa-Lesebuch mit
Statements, Essays und Interviews unter anderem von Ursula von
der Leyen, Katarina Barley, Stephan Harbarth, Rebecca Saunders,
Ilker çatak oder Fridays for Future. Das Buch kann unter
www.europaeische-kulturtage.de als pdf heruntergeladen oder
gedruckt unter ekt@kultur.karlsruhe.de bestellt werden.

EKT Karlsruhe
2.5. – 16.5.2021

RÉOUVERTURE DES MUSÉES !

Yan Pei-Ming
Au nom du père

Mercredi 19 mai 2021, la plupart des musées et lieux d’expositions
rouvriront après plus de six mois de fermeture forcée. Beaucoup ont
négocié avec les artistes et leurs partenaires pour repousser les
dates de décrochage de leurs expositions temporaires et permettre
au public de profiter des oeuvres et de préserver le travail des
commissaires, comme des équipes.

À Colmar, le musée Unterlinden peut enfin inaugurer la très belle
proposition élaborée par Frédérique Goerig-Hergott en lien avec
l’artiste, Yan Pei-Ming – Au nom du père. Visible jusqu’au 11
octobre. C’est la deuxième grande monographie d’un artiste
contemporain que les Unterlinden accueillent dans la nouvelle nef
de l’Ackerhof, lire notre article : Regards en abîme.

Quelques rues plus loin, l’Espace d’Art Contemporain André
Malraux ouvre enfin l’exposition monographique de Pierre
Muckensturm accrochée début novembre. Visible jusqu’au 26
septembre. Fantaisie orthogonale pourrait être un titre d’Erik Satie.
Sous ses figures d’apparence ascétique, il y a dans le travail de cet
artiste, le même humour pince-sans-rire et le même goût de la
parodie. Chez Satie, il y a la netteté du piano, chez Muckensturm,
celle de la ligne noire. Consulter la page consacrée à l’exposition avec deux vidéos et la notice de salle : Fantaisie orthogonale.

Nota : Malraux est fermé le lundi, les Unterlinden le mardi… Pensez-
y si vous faites le déplacement à Colmar.

Enfin le musée Würth à Erstein réouvre Christo et Jeanne-Claude,
Collection Würth inaugurée en juillet 2020. Visible jusqu’au 20
octobre. Les passionnantes coulisses et l’énorme travail en amont
des célèbres Emballages du couple à travers le monde, lire notre
article : L’éphémère éternel.

Réouverture des Musées

Ville de Strasbourg

Fermés depuis le 30 octobre 2020, les Musées de la Ville de
Strasbourg se réjouissent de pouvoir rouvrir leurs portes mercredi
19 mai 2021* et de présenter au public les expositions initialement
prévues à l’automne 2020 et au printemps 2021. Pour garantir les
meilleures conditions d’accès, un système de réservation en ligne a
été mis en place pour tous les visiteurs, qui bénéficieront de la

gratuité des musées jusqu’au 30 juin 2021.

Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg, Anne Mistler, adjointe à la maire en charge des Arts et cultures et Paul Lang, directeur des Musées de la Ville de Strasbourg 

Réservation en ligne et gratuité des musées

En raison du contexte sanitaire, les musées ont mis en place un
système de réservation en ligne. Il est ainsi demandé à tous les
visiteurs de réserver un créneau de visite avant d’arriver dans les
musées en se rendant sur le site 
https://demarches.strasbourg.eu/reserver-billets-musees/  

La réservation en ligne d’un créneau horaire est obligatoire,
gratuite et modifiable. Elle est aussi nécessaire pour les personnes
bénéficiant de la gratuité.

Afin de célébrer le retour des visiteurs dans nos salles, l’ensemble
des musées est gratuit jusqu’au 30 juin 2021. À partir du 1er juillet,
la réservation d’un créneau horaire se fera en ligne et le paiement
aux caisses des musées.

Regards en abîme

Yan Pei-Ming aux Unterlinden  
Photo Luc Maechel

Yan Pei-Ming – Au nom du père

Après Corpus Baselitz en 2018, c’est la deuxième grande monographie
d’un artiste contemporain que les Unterlinden accueillent dans la
nouvelle nef de l’Ackerhof à l’initiative de la commissaire Frédérique
Goerig-Hergott, conservatrice en chef au Musée. Lors de l’inauguration,
l’artiste a rencontré la presse, mais regrettait que, jusqu’à nouvel ordre, le
public reste confiné à l’extérieur ou derrière ses écrans. Pouvoir approcher
intimement ses toiles, puis reprendre du recul est indispensable pour
appréhender son travail (et les si vastes espaces du musée s’y prêtent
aisément).

Par Luc Maechel

Parution dans le magazine hebdoscope n° 1072 Mai/juin 2021

Retrouvez la suite de l’article sur :

https://racinesnomades.net/regards/regards-en-abime/

Sophie Taeuber-Arp

Abstraction vivante

Le jeudi 18 mars s’est tenu la conférence de presse en ligne pour
ouvrir la première grande exposition 2021 du Kunstmuseum de Bâle
en présence de son directeur Josef Helfenstein et de la commissaire
Eva Reifert. L’évènement est coproduit avec la Tate Modern de
Londres – qui reprendra l’exposition du 15/07 au 17/10/2021 – et le
Museum of Modern Art de New York – où elle sera présentée du
21/11/2021 au 12/03/2022. Avec les restrictions actuelles, Natalia
Sidlina et Anne Umland, les curatrices de ces musées, n’ont pas fait le
déplacement à Bâle, mais sont intervenues en ligne.
L’envie partagée remontait à une dizaine d’années avec déjà cette
idée de collaboration puisque les trois musées disposent d’un
important fond de l’artiste franco-suisse.

Le travail de Sophie Taeuber-Arp (née en 1889 à Davos) est ancré
dans sa formation en artisanat d’art à Saint-Gall et à l’école
Debschitz de Munich où elle se spécialise en design textile et en
sculpture sur bois. De sa pratique – utilisant une grande variété de
technique et de matériaux – émerge une œuvre transdisciplinaire
qui détourne la forme des objets par ses motifs et une tension vers l’abstraction géométrique qui réfute l’allusion figurative. Le parcours
proposé est chronologique et débute par sa période zurichoise
(1914-26) où elle a aussi enseigné jusqu’au début des années trente.
Beaucoup d’artistes fuyant la guerre y trouvent refuge et le
mouvement dada y voit le jour. Dans son travail, Sophie Taeuber-Arp
ignore les frontières entre œuvre d’art et objet du quotidien :
bourses en perles, coussins, poudriers, marionnettes…
À l’invitation des frères Horn chargés de grands travaux
d’urbanisme à Strasbourg, elle réalise à partir de 1926 la décoration
intérieure de bâtiments privés ou publics (hôtel Hannong, Aubette –
devenue musée) concevant à l’occasion des vitraux ou du mobilier.
Dans les années trente, elle et son mari, l’artiste Jean Arp,
s’engagent aux côtés de l’avant-garde parisienne non-figurative
qu’accueillera la Kunsthalle Basel en 1937 pour l’exposition
Constructivistes avec une contribution importante de Sophie
Taeuber-Arp.
Suite à l’invasion de la France par les nazis, le couple fuit vers le sud
où il s’installe à Grasse. Elle décède accidentellement début 1943
lors d’un séjour en Suisse.

En coproduction avec Narrative Boutique et le soutien du Théâtre
de marionnettes de Bâle et du Museum für Gestaltung de Zurich,
des vidéos produites spécialement pour l’exposition redonnent vie à
ses marionnettes. Elles sont visibles en cours de visite, mais aussi
projetées la nuit sur la façade du bâtiment.
Une visite guidée par Eva Reifert est accessible en ligne en anglais
ou en allemand.

Par Luc Maechel

Kunstmuseum Basel, Neubau
du 20.03 au 20.06.2021
mar-dim 10h-18h (20h le mer)
Commissaires : Eva Reifert, Anne Umland, Natalia Sidlina,
Walburga Krupp

GALERIE ART’COURSE

Art Doudou
Exposition collective

10 mars – 03 avril 2021

En cette période difficile nous avons invité les artistes à travailler autour de la notion d’Art Doudou car nous avons besoin de réconfort et d’humour. L’art peut-il être cet objet transitionnel ? Quel est votre Art Doudou ?

 LES ARTISTES

KARIM ALLAOUI
FRANCOISE AMET
ANNETT ANDERSCH
MYRTILLE BÉAL
GENEVIÈVE CHARRAS
MÉLANIE RICHET
HERVÉ RIOUX
RENÉE TOVARELLI
SIMONE

Galerie ART’COURSE
Myrtille BEAL,Directrice artistique

49a rue de la Course
67000 Strasbourg
T +33 (0)3 69 74 73 73 

http://www.galerieartcourse.com
contact@galerieartcourse.comHoraires d’ouverture :
Mercredi, jeudi, vendredi 15h-19h Samedi 14h-19h