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Histoire d’hôtels : Le Bristol de Vienne

UNSPECIFIED – CIRCA 1936: State visit of Edward VIII, in Austria, Arrival in front of the hotel in Bristol, Photograph, Vienna, 1936 (Photo by Imagno/Getty Images) [Staatsbesuch des englischen Königs Edward VIII, in Österreich, Ankunft vor dem Hotel Bristol, Photographie, Wien, 1936]
Une pop star vient
d’arriver au Bristol.
Un membre du
personnel,
parfaitement cintré
dans son uniforme
noir, précède cette
dernière dans
l’ascenseur et tourne
une clef. Mais ce
dernier se referme
sans le prestigieux
client. Confuse,
l’hôtesse revient
avec l’ascenseur
chercher Lionel Richie qui attend seul dans le lobby. Les portes
s’ouvrent. Le chanteur américain sourit et lance : « Hello. Is it me
you’re looking for ? » 

A l’image de cette anecdote, pénétrer dans l’ascenseur de l’hôtel
Bristol de Vienne et monter les étages successifs, revient à effectuer
à chaque instant un voyage dans le temps. Dans l’Histoire. De la
chambre la plus simple en passant par les suites les plus mythiques
ou celles du sixième étage situées dans les tours de l’hôtel et très
prisées des jeunes mariés qui, depuis leur salle de bains, peuvent y
observer la cathédrale St Etienne, aucun lieu ne laisse insensible.
Avant Lionel Richie, toute une pléiade de grands musiciens (de
Richard Strauss à Paul McCartney en passant par Leonard Cohen ou
George Gershwin), d’écrivains (Francis Scott Fitzgerald, Romain
Rolland, Peter Handke), d’acteurs (Richard Burton, Bruno Ganz,
Sigourney Weaver) et de personnalités politiques (Kofi Annan, Juan
Carlos d’Espagne ou Henry Kissinger) ont illuminé depuis 1892 ce
lieu mythique qui compte aussi en son sein une table réputée et
distinguée par le Gault et Millau et le guide Michelin.

De la petite histoire à la grande, il n’y a qu’un pas qu’il est aussi aisé
de franchir que de changer d’étage. Arrêt devant la suite 174 dite
Prince of Wales où dormit à plusieurs reprises celui qui n’était alors
que prince de Galles, le futur Edouard VIII, en compagnie d’une
Wallis Simpson qu’il fallut cacher du grand public. D’ailleurs, la
discrétion reste toujours de mise au Bristol. N’espérez pas de détails
croustillants de la part d’un personnel entièrement dévoué à ses
clients, attentif à chaque détail, à chaque habitude, donnant ainsi
l’impression à ces derniers de faire partie d’une même famille.

En août 2013, un autre prince de Galles, Charles, ayant lui aussi
épousé une femme divorcée sans que cela n’entraîne un scandale
similaire – autres temps, autres mœurs – se rendit à Vienne.
Pendant plusieurs semaines, tous les tabloïds britanniques
envisagèrent la possibilité qu’il puisse dormir dans la suite de son
ancêtre qui avait renoncé au trône pour une affaire de coeur mais
également pour ses sympathies envers Adolf Hitler. Finalement, le
prince Charles choisit un autre hôtel.

Après la seconde guerre mondiale, le Bristol devint le quartier
général des forces armées américaines dont il est encore possible de
voir les marques des fusils sur les rambardes qui courent le long de
l’escalier principal. C’est peut-être ces souvenirs et ces lieux
emblématiques de leur histoire européenne que viennent chercher
les clients fortunés américains, préférant ainsi le Bristol à ces hôtels
contemporains où se concentrent les nouveaux riches. Ils aiment y
retrouver l’ambiance de ces années tumultueuses au bar de l’hôtel
avec ses airs de nid d’espions et sa moquette léopard, premier bar
américain de Vienne où le barman vous sert directement, et y
déguster le fameux Bristol royal, cocktail à base de liqueur de cerise,
ou un verre de vin de Styrie. Croisant diplomates, touristes
européens, businessmen japonais, ou Viennois d’un jour affublés de
costumes en tweed, de tailleurs Chanel ou de simples casquettes de
baseball, tous les visiteurs s’imprègnent ainsi de cette atmosphère
unique qui a quelque chose d’une tour de Babel contemporaine.

Ici, les étoiles sont sur les murs, dans les chambres et dans les yeux
et les oreilles de tous ceux qui ont vu un Tom Cruise s’échappant de
l’opéra voisin avec le Bristol en fond dans le cinquième opus de
Mission : Impossible (Rogue Nation) ou qui ont admiré la soprano
Angela Gheorgiu dans Tosca. Ceux qui n’ont pas voulu se rendre au
Staatsoper voisin, peuvent, aux beaux jours, depuis leur chambre
voir l’opéra sur le grand écran installé face à l’hôtel. Quant aux plus
chanceux, ils ont pu attraper quelques airs de répétition en passant
devant la chambre de la diva. Mais derrière ces portes, d’autres
secrets continuent à y être échafaudés, comme ceux des
négociations sur l’accord nucléaire iranien, conclu à Vienne en juillet
2015 entre les ministres des affaires étrangères des cinq membres
du conseil de sécurité des Nations-Unies et de l’Allemagne dont
John Kerry, secrétaire d’Etat du président Obama qui certainement
se souvint qu’ici, soixante ans auparavant, se trouvait le siège de
l’ambassade des Etats-Unis. Façon de dire qu’aujourd’hui, comme
hier, l’Histoire continue de s’écrire au Bristol…

Par Laurent Pfaadt

Informations : WWW.BRISTOLVIENNA.COM

Partage de Midi de Paul Claudel

Eric Vigner, scénographe et metteur en scène a présenté au TNS sa dernière création « Le partage de midi » qu’il inclut dans un cycle sur l’amour et la mort  pour lequel il a déjà réalisé « Tristan », en reprenant l’histoire de Tristan et Yseut et qu’il conclura avec « Le Vice-consul » de Marguerite Duras, prochainement mis en scène.

Pour Eric Vigner il était fondamental de mettre en scène cette pièce de Paul Claudel car c’est par elle qu’il a eu la révélation du théâtre en la lisant à l’âge de  dix-sept ans.

La version de 1906 qu’il a choisie raconte l’expérience vécue par Claudel, quand, se rendant en Chine, il rencontre sur le bateau une femme dont il tombe amoureux  et qui lui fera connaître les tourments de l’amour et de l’abandon.

Le décor retient d’emblée notre attention et intrigue, palpitant de références diverses et faisant fi de tout réalisme. Y apparaîtront cependant, en clins d’oeil pertinents, les chaises longues qu’on place sur le pont des bateaux, les malles entassées des voyageurs, le mobilier oriental. Tout cela est beau, raffiné, allusif, comme cette grande sculpture représentant un marin quelque peu enfantin pointant sa longue-vue  sur l’horizon.

Les costumes (Anne-Céline Hardouin) sont ce qu’ils doivent être pour évoquer  cette fin du XIXe siècle, les hommes en chemises blanches et petits gilets, la jeune femme en robe ample et majestueuse, colorée au début de l’histoire et noire à la fin.

Ysé (Jutta Johanna Weiss), l’héroïne de cette histoire d’amour retient et sépare les hommes. Ici pas la pesanteur d’une mère de famille comme celle dont Claudel est tombé amoureux, plutôt une femme légère, charmeuse, préoccupée d’elle-même, de son image.

Quant aux hommes, celui qui l’a, le mari, De Ciz (Mathurin  Voltz)  reste distant, alors qu’Amalric (Alexandre Ruby) sûr, croit-il, de la posséder un jour affiche sa virilité. Mesa(Stanislas Nordey) est l’hésitant qui aura cependant le privilège d’être choisi, d’abord comblé il sera bientôt floué. C’est lui qui représente Claudel.

Alors, bien sûr tout cela ne va pas sans les mots, les longues tirades, les réflexions, les questionnements.

Les comédiens multiplient les entrées et les sorties, tournent en rond, l’image  de leurs incertitudes,  se rapprochent et s’éloignent dans le ballet constant des tourments qui les habitent,  bien mis en valeur par le jeu des lumières (Kelig Le Bars).

Ainsi est retenue l’attention du spectateur pour cette cérémonie qui marie par allusion permanente l’amour et la mort, le spirituel et le charnel.

Selon ses propres sensibilités et convictions, on s’attache ou non à ces personnages et à leurs problèmes existentiels et l’on adhère ou pas à cette mise en scène qui donne à chaque comédien le pouvoir de jouer sa solitude au contact de l’autre qui ne cesse de lui échapper.

On en sort ,éprouvé.

Marie-Françoise Grislin

La pomme dans le noir

D’après le roman « Le bâtisseur de ruines » de la brésilienne Claire Lispector traduit par Violante Do Canto

Lui, Martin, il arrive de la ville pour se reconstruire. Il a un crime sur la conscience.

Elles sont deux femmes sur cet immense domaine, la propriétaire, Victoria, et la jeune fille, Ermelinda.

L’une, autoritaire, l’autre un peu paumée, désarmée, semble-t-il, devant la vie. Et puis il y a un homme de tâche, le jardinier.

L’arrivée de Martin va bousculer leur vie, apparemment paisible bien qu’en chacune un monde de désirs bouillonne mais se tait.

Des images nous viennent en tête, celle du volcan  ou bien celle du film « Théorème » quand l’inconnu surgit  comme élément déclencheur d’une prise de conscience.

Il est toujours difficile de mettre en scène un roman. Marie-Christine Soma n’a pas eu peur de s’y attaquer, galvanisée par le très grand intérêt qu’elle a porté à ce texte dès qu’elle en a eu connaissance et qui lui a donné envie de l’adapter pour le théâtre.

Le décor est très simple mais pertinent, rien d’étonnant puisque la metteure en scène fut d’abord éclairagiste, d’où son sens de l’espace et des configurations nécessaires à rendre  les actions et les déambulations des personnages de façon juste. Il s’agit donc d’une grande cloison de bois occupant le fond de scène dans laquelle sont aménagées quelques ouvertures et des claires-voies qui permettent d’épier les allées et venues des uns et des autres, accentuant le mystère que chacun représente pour l’autre. Côté jardin, un coin table, plutôt convivial, côté cour c’est la remise à bois, le domaine du jardinier qui y range ses outils, l’endroit qui a été attribué à Martin. Sur le devant du plateau une longue plate bande est en construction. Martin y apporte des brouettées de terre, lui, l’ingénieur, devient un manoeuvre, une façon de racheter ses fautes, de se reconstruire.

La distribution est d’une grande justesse. Dominique Raymond  sait passer d’un registre de femme autoritaire et méfiante dont la carapace semble solide à celui d’une femme fragile, désemparée qui « lâche prise » comme on dit et se met à déballer sa vie privée, avouant ses manques et ses désirs secrets à ce garçon qu’elle a jusqu’ici maltraité et auquel elle sent bien qu’elle s’attache alors qu’il est trop tard et qu’il ne veut rien d’elle. Elle sait être  dans cette scène vraiment bouleversante.

Mélodie Richard est cette jeune fille toute en retenue dont la vie intérieure intense surgit parfois malgré elle et vient à se dévoiler de façon intempestive, la rendant,  tour à tour, capricieuse et émouvante.

Dans cette mise en scène c’est le jeu des acteurs qui avant tout emporte notre adhésion car il laisse transparaître avec justesse  le mystère qui habite chacun et qui constitue l’intrigue. C’est ainsi que, Pierre-François Garel qui est Martin et Carlo Brandt qui  incarne plusieurs personnages font montre d’une grande intériorité dans leur prestation.

Si nous avons quelques réserves à propos de ce spectacle, elles concernent la durée de la pièce. Les longs récitatifs qui la composent peuvent paraître pesants d’autant qu’ils sont souvent dits de façon relativement confidentielle donc pas toujours  clairement audibles.

Cette mise en scène a obtenu un vrai succès auprès du public du TNS.

Marie-Françoise Grislin

TNS octobre 2018

A la Ville et Eurométropole de Strasbourg

La preuve nous en est donnée chaque début de saison à l’annonce des programmes que nous ont concoctés les différentes institutions de la Ville et Eurométropole de Strasbourg.

Dans les choix multiples qui nous sont proposés quelques spectacles nous attirent plus particulièrement.

Au TNS « Le partage de midi », une des grandes oeuvres de Paul Claudel, mise en scène par Claude Vigner.

« SaÏgon » de Caroline Guiela Nguyen où l’histoire bouscule la vie des gens.

« Thyeste » de Sénèque dans la mise en scène de Thomas Jolly dont la création a eu lieu au Festival d’Avignon cet été dans la cour d’honneur du Palais des Papes.

« I am Europe » qui signe les retrouvailles avec Falk Richter dans une pièce politique qui nous parle d’émigrants et de frontières.

« John » une des premières pièces de Wadji Mouawad sur le suicide des adolescents  dans une mise en scène de  Stanislas Nordey.

« Qui a tué mon père » d’Edouard Louis, également mis en scène par Stanislas Nordey,une réflexion sur la violence sociale.

Au TNS deux auteurs « classiques dans de grands textes sur la passion amoureuse

« La dame aux camélias » d’Alexandre Dumas fils mis en scène par Arthur Nauzyciel

« Les palmiers sauvages » de William Faulkner par Séverine Chavrier directrice du CDN Orléans/Centre Val de Loire.

Dans le foisonnement des spectacles inscrites au programme du Maillon certains nous semblent quasiment indispensables à voir, comme:

« Hymn to love » de Marta Gornicka qui dirige ce choeur saisissant qui dénonce le populisme  comme précédemment dans son « Magnificat » il dénonçait  le sort réservé aux femmes dans la catholique Pologne.

« Eins zwei drei » qui signe le retour de Martin Zimmermann

« Bacchantes-Prélude pour une purge « , un spectacle de danse joyeux et ébouriffé de la chorégraphe cap-verdienne Marléne Monteiro Freitas présenté avec Pôle-Sud

« Beytna » un grand rituel avec invitation à partager un repas élaboré pendant la représentation du chorégraphe libanais Omar Rajen en collaboration avec, entre autres, le belge que nous connaissons bien, Koen Augustijnen

« Requiem pour L. », retour très attendu des Ballets C de la B pour cette oeuvre de Mozart interprétée par des artistes  venus de plusieurs continents dirigés par Fabrizio Cassol et Alain Platel, présenté avec Pôle-Sud

« Optraken » du Galactik Ensemble  présente cinq acrobates  performant et drôles

« Humanoptères » de Clément Dazin nous emmène à Offenburg pour apprécier les sept performers-jongleurs qui s’y produiront.

A suivre aussi l’exposition « Un siècle sans entracte », une histoire du Wacken 1924-2019 avant la démolition de ce lieu chargé de bien des souvenirs.

La programmation des TAPS nous interpellent avec plus de vingt spectacles pleins d’humanité et de sensibilité.

En tout début de saison nous retrouvons avec bonheur Mounia Raoui, une actrice que nous avons beaucoup appréciée dans les mises en scène de Jean-Louis Martinelli quand il dirigeait le TNS. Mounia Raoui expose dans « Le dernier jour où j’étais petite » les tourments de sa vie d’artiste.Jean-Yves Ruf l’accompagne dans sa mise en scène.

De Marivaux on pourra voir « La seconde surprise de l’amour »;

« Jeunesse » de Joseph Conrad mis en scène par Guillaume Clayssen

« Partout la main du rêve a tracé le dessin » à partir  des dessins et écrits de Victor Hugo ,spectacle conçu et mis en scène par Jean-Marc Eder

Parmi les auteurs à l’affiche:Tchékov (Le chant du cygne); OdÖn von Horvàth (Allers-retours); Serge Valletti (Carton plein);Molière un « Avare » mis en scène par Fred Cacheux.

A noter pour le jeune public « Souliers rouges » d’Aurélie Namur  mise en scène De Félicie Artaud  et « Sur la route de Poucet » d’après Charles Perrault par Mathieu Létuvé.

Le TJP continue sa programmation qui lie indéfectiblement Corps Objet Image dans un nouveau sigle COI. Enfants jeunes ou moins jeunes , adultes sont invités à suivre tous les spectacles et les quatre Week-ends qui proposent de vivre des expériences artistiques en particulier sur le thème de l’attention.

Parmi bien d’autres, nous avons retenu

En début de la saison  la création de Renaud Herbin « At the still point of the turning world », avec une danseuse(Julie Nioche) deux marionnettistes ,une musicienne et plein de marionnettes;

De la danse encore et des sculptures  pour ce « Swing Museum » signé Héla Fattoumi et Eric Lamoureux, et aussi, présenté avec Pôle-Sud « Laisse le vent du soir décider » avec les performeurs danseurs  Damien Briançon et Etienne Fanteguzzi de la Cie Espèce de Collectif qui montent sur le plateau un meccano géant et allient danse invention et dérision.

Le retour d’Eve Ledig avec sa dernière création « Un opéra de papier » où elle marie, comme toujours poésie et questionnement sur la vie.

Deux spectacles que nous sommes curieux de découvrir: présenté par le Rodéo Théâtre » La vie devant soi » d’après l’ouvrage éponyme   de Romain Gary (Emile Ajar)

et  de Silvia Costa « Dans le pays d’hiver » présenté avec Le Maillon, une adaptation  des « Dialogues avec Leuco » De Cesare Pavese en italien surtitré en français.

Pôle-Sud,  qui est centre de développement chorégraphique national, propose une riche programmation de danse contemporaine.

Entre bien d’autres nous avons retenu « La danse aux Musées »

au MAMCS avec Hela Fattoumi et Eric Lamoureux (entrée libre) »OSCYL variation »

au Musée de l’oeuvre Notre-Dame avec Mark Tompkins, Philippe Poirier, Rodolphe Burger et La Cie Dégadézo et une cinquantaine de participants (entrée libre) »Entrons dans la danse »;

« Bacchantes-Prélude pour une purge » le spectacle burlesque de Marlène Monteiro-

Freitas  au Maillon.

Danse et jeux mêlés au TJP avec « Laisse le vent du soir décider »

signé Alain Platel et Fabrizio Cassol  de Damien Briançon et Etienne Fanteguzzi

un spectacle plein d’humour et de réminiscences au titre prometteur et engagé « El pueblo  unido jamàs serà vencido » d’Alssandro Bernardeschi et Mauro Paccagnella de la Cie Wooshing Machine

Energie et humour noir avec Ann Van Den Broek dans « Accusations »

Energie et humour léger dans »Idiot-Syncrasy » d’Igor et Moreno

Au Maillon, Les Ballets C de la B pour un magistral « Requiem pour L. »

Amala Dianor, artiste associé  à Pôle-Sud présente à Hautepiere « The Falling stardust » où se croisent différents styles de danse

A suivre le Festival ExtraDanse qui  compte de  belles prestations, à voir entre autres « Les Gens  de Fouad Boussouf qu fait se rencontrer les danses traditionnelles du Maroc avec le Hip Hop.

Enfin, en Juin, on suivra  avec Extra Ordinaire les réalisations produites par les rencontres entre 13 artistes invités et les gens des quartiers Meinau-Neuhof dans le cadre des Scénographies Urbaines qui en sont à leur 8ième édition.

Un magnifique choix de spectacles pour cette saison 18-19

Par Marie-Françoise Grislin

15. Staufener Stadtgeschichten

Ritter, Trommler und Gaukler

Von Anja Frisch

Hunderte Mitwirkende inszenieren beim großen
Freilicht-Festival zw
ölf Jahrhunderte Staufener
Geschichte.

Ganz Staufen wird zur Bühne, wenn mehr als 800
Einwohnerinnen und Einwohner zusammen mit G
ästen
aus Nachbarorten und Musikern aus ganz
Deutschland auf den Pl
ätzen und Straßen Szenen
aus der Geschichte ihrer Stadt darstellen. Die
historische Altstadt unterhalb der
eindrucksvollen Burgruine verwandelt sich in eine
Art begehbares Geschichtsbuch, das eine Zeitreise
durch die Jahrhunderte erm
öglicht. Vom 21. bis
23. September zeigen die Akteure Bilder, Szenen
und St
ücke aus der facettenreichen Geschichte der
Stadt, die als Ansiedlung urkundlich erstmals 770
erw
ähnt wurde. Tänzer und Tavernengesang begegnen
dem Besucher ebenso wie mittelalterlich gewandete
M
ägde und Gaukler, historische Händler und
Handwerker sowie badische Revolution
äre. Auf
einem
Bauernhof mitten im Städtchen neben der
Kirche tummeln sich G
änse, Schafe, Esel, Ziegen,
Schweine und H
ühner; Bauern und Bäuerinnen
pressen Apfelsaft, spinnen Wolle, binden Besen
und ziehen Kerzen.

Bis ins 20. Jahrhundert hinein führt der
Spaziergang durch die Historie, zum Beispiel
stellen mehr als einhundert Kinder und
Jugendliche Geschichten
über den Bergbau, die
Fl
ößerei und die wilden 1968er Jahre dar. In
Szene gesetzt und unterst
ützt werden die Amateure
durch moderne Ton- und Lichttechnik und
ausgebildete Maskenbildnerinnen. Entstanden 2003
zun
ächst als Herbstveranstaltung des örtlichen
Gewerbevereins, wird die beliebte Veranstaltung
seit 2008 federf
ührend vom Förderverein für
au
ßergewöhnliche und unterhaltende Staufener
Theaterkultur (FAUST) gemeinsam mit Gewerbeverein
und Stadt organisiert. Sie beginnt
am Freitag,
21.September, 18 Uhr, mit dem Aufmarsch der
Stadtwache und dem Programm
Menschen und Musik
aus 1248 Jahren
, ab Samstag, 13 Uhr, treten die
Akteure in ihren historischen Kost
ümen zwei Tage
lang in Aktion, und am Samstag Abend um 18.30 Uhr
beginnt ein
mittelalterlicher Wettstreit der
Barden und Spielleyt um das goldene Huhn
, bevor
um 20:30 Uhr ein Zug im Fackelschein stattfindet
und um 21.30 Uhr ein Konzert der Spielleute
Die
Streuner
beginnt. Kindern bietet das Festival
ein Ritterturnier, ein Märchenzelt und ein großes
Gauklerzelt. Gezeigt werden zudem Theaterst
ücke
über Doktor Faustens Tod, über Albert Hugard
sowie zum Staufener Spital.

Zeitreise Stadtgeschichten Staufen 21. bis 23. September, Information unter www.stadtgeschichten-staufen.de

Alan

La pièce de Mohamed Rouabhi, a été un bonheur de théâtre tel qu’on n’en avait pas connu au TNS depuis assez longtemps.

Il faut dire qu’elle a tout pour plaire avec ses trouvailles, son inventivité et sa dimension très humaine.

Alan vit seul, il ne cesse de nous le dire par l’intermédiaire d’une voix off ( celle de Mohamed Rouabhi) qui décrit ses activités faites du matin au soir de répétitions. Le matin, se lever, avaler son café, quitter l’appartement, prendre le bus, se retrouver au bureau et puis le soir c’est retour à la case départ. Tout semble si bien réglé que rien, semble-t-il ne peut arriver. Mais voilà que justement quelque chose se produit. Et la rupture dans ce déroulé obsessionnel crée l’histoire et fait théâtre.

Que se passe-t-il quand une porte qu’on est sûr d’avoir fermée se retrouve ouverte, que cette situation se renouvelle ? on est alors en droit de s’interroger et de se demander si un intrus à pénétrer dans sa maison  ou bien si on ne sait plus très bien ce que l’on fait, si on a peut-être une défaillance. Questionnement et inquiétude s’entremêlent et conduisent même à consulter. Sans résultat !

Spectateurs, nous assistons à cette cérémonie de l’intrusion et voyons l’arrivée  impromptue d’un être étrange portant sur un corps humain une tête de lapin, un être jeune, virevoltant  sur un petit scooter, grimpant sur les meubles, fouinant ici ou là.

Le soporifique bien-être d’Alan est mis à mal. D’abord, présence invisible et cachée, il se révèle enfin aux yeux d’Alan et en devient assez vite l’ami incontournable, un joyeux compagnon de vie. C’est alors que tout change. Le monde apparaît autrement à Alan  et il découvre que, Melle Jones, sa collègue de travail, est une personne bien intéressante dont il tombe amoureux. La réciprocité de leurs sentiments leur fait connaître le bonheur et la joie de vivre.

Le propos pourrait être banal s’il n’était accompagné d’une mise en scène originale.
En effet, si le décor est sobre, représentant avec une grande simplicité, tantôt le studio où vit Alan, tantôt le bureau où il travaille, une importance particulière est réservée aux portes, permettant d’accéder à ces différents lieux. Elles sont fermées, entrebâillées, ouvertes, symbolisant en quelque sorte l’ouverture d’esprit des protagonistes qui se modifie, se transforme au fil de l’histoire.

De plus, de petits films d’animation et des dessins très réussis, signés Stéphanie Sergeant, donnent à la narration une dimension ludique en nous embarquant dans les pensées, les fantasmes qui traversent l’esprit des personnages. C’est à la fois amusant et émouvant.

Sans aucune pesanteur une « morale » se dégage de cette fable : se laisser pénétrer par l’étranger, c’est s’ouvrir au monde et profiter d’un bonheur de vivre qui se trouve souvent à portée de main et qu’on ne perçoit pas tant qu’on reste replié sur soi et qu’on s’attache à la routine du quotidien.

Trois remarquables comédiens, Hervé Sika qui joue Alan, Marie Sergeant, Mademoiselle Jones et Lauren Pineau-Orcier qui fait l’étranger à tête de lapin mènent avec conviction cette réflexion sur la vie.

Le texte est publié aux éditions Actes Sud Papiers.

Marie-Françoise Grislin

La nuit des taupes

L’après-midi des taupes

Nous voilà donc aux prises avec ces drôles de bestioles que sont les taupes, celles qui creusent, vivent dans le noir sont quasi aveugles et font monter de petits monticules dans nos jardins.

Philippe Quesne a décidé d’en faire les principales protagonistes de deux spectacles, l’un pour adultes, intitulé  » La nuit des taupes « , l’autre pour le jeune public et c’est  » L’après-midi des taupes « .

L’installation, qui représente le monde souterrain, avec grottes, stalactites en papier et grandes stalagmites en carton, nécessitait un grand plateau. C’est donc au Maillon-Wacken que les représentations ont eu lieu, le spectacle étant invité par le TJP et le Maillon.

A quoi fallait-il s’attendre après le défilé des Taupes dans les rues de la ville ?

A quelque chose de bizarre, d’original, de déjanté et c’est bien ce qui nous a été proposé et montré tout particulièrement dans  » La nuit des taupes « .

D’entrée de jeu on est face à une sorte de grosse boîte en carton bien éclairée. Au-dessus, à  côté, tout est plongé dans le noir. On devine, toutefois, placés côté cour les instruments d’un petit orchestre.

Un coup, puis deux, puis trois dans la cloison de la boîte! Apparaît la pointe d’une pioche et un trou qui s’agrandit, s’ouvre sur un tunnel par lequel se glisse péniblement la première taupe poussant une énorme boule. Son arrivée intempestive est bientôt suivie par celles de ses comparses qui se bousculent entremêlent leurs fourrures, poussent des grognements et finissent par faire tomber toutes les parois, donnant au monde souterrain toute l’ampleur qu’elles se promettent d’ investir.

C’est leur apparence qui nous frappe, ces épais costumes bruns ou gris signés Corine Petitpierre qui dissimulent complètement leurs visages et leurs corps, ces grosses pattes griffues, ces groins un peu porcins et leur manière pataude de se déplacer, d’aler et venir sans but réel entraînant chutes, glissades et roulades.

Dans ce monde souterrain, si leurs attitudes paraissent souvent déjantées, il n’en demeure pas moins  que ces personnages évoquent par certains de leur comportements  ceux des hommes préhistoriques. Ne se livrent-ils pas à des rituels autour de la nourriture, à des rassemblements, des jeux, des danses ?  Ne les voit-on pas s’endormir, pratiquer le coït, accoucher, s’occuper des morts, dessiner sur les parois ? Tout cela sans un mot mais accompagnés de grognements fort bien modulés.

C’est burlesque, insolite, mais aussi musical car les taupes jouent de la musique et très bien d’ailleurs et l’on s’étonne, qu’enserrées dans de tels costumes, elle y parviennent si parfaitement. D’autant qu’on finit par oublier que sous leurs apparences de grosses bêtes poilues il ya des acteurs en chair et en os, des humains qui transpirent comme  on le constatera quand, au salut, ils découvriront leurs visages ruisselant de sueur.

L’Après-midi des taupes sera un spectacle plus soft.
Ayant réussi à pénétrer dans la salle où s’est tenu un goûter d’anniversaire elles démolissent un peu tout, se jettent les restes et les boissons à la figure et dansent comme des folles avec les gros nounours trouvés dans la chambre des enfants, au son des musiques que quelques-unes d’entre elles produisent avec talent et énergie.

On est bien dans le farfelu mais après avoir vu  » La nuit..  » Cet
 » Après-midi. . » nous a paru un peu trop léger.

Par Marie-Françoise Grislin

Rêve d’automne au TAPS

Dans cette pièce de l’auteur norvégien John Fosse tout se joue dans
la retenue, dans la demi-obscurité ce qui convient parfaitement à ce
cimetière, lieu insolite pour des rencontres

C’est là pourtant qu’ils se retrouvent ces personnages sur lesquels le
temps semble jouer pour qu’ils se reconnaissent, s’affrontent, se
désespèrent, s’aiment, se quittent.

On peut ici dire adieu à la vie ou la saisir à pleins bras. On peut se
gaver de nostalgie, renouer les fils rompus, se sentir heureux des
retrouvailles  et vivre dans la crainte de leur issue.

C’est une pièce sensible de celles que sans doute le metteur en
scène Olivier Chapelet aiment travailler car elle touche à des
problèmes existentiels et va ainsi à la rencontre de tous deux qui
éprouvent le besoin que le théâtre leur apprenne quelque chose sur
eux-mêmes.

Un homme est seul à déambuler dans un cimetière quand survient
une jeune femme. Hasard  ou choix du destin, il se trouve qu’ils se
connaissent, se reconnaissent car ils se sont aimés jadis. C’est une
rencontre inattendue mais vite teintée d’émotions et de gravité.

D’emblée on apprécie le jeu retenu de Fred Cacheux. Il est cet
homme mutique qui semble gêné par ces retrouvailles avec cette
femme qui cherche à lui faire retrouver les souvenirs  de leur
rencontre passée, de leurs sentiments d’alors. Là aussi on tombe
sous le charme de la comédienne Aude Koegler qui interprète ce
rôle avec naturel, sincérité, spontanéité.

Le metteur en scène a réussi une distribution exemplaire.

Bientôt apparaît le couple des parents de l’homme, une mère
angoissée jouée par Françoise Lervy que tente de rassurer  son mari,
ici un Jean Lorrain qui se prête si bien au jeu que la vérité de leur
relation et de leurs préoccupations nous bouleverse. En effet, qui n’a
pas connu chez les parents âgés l’inquiétude pour leur enfant
pourtant devenu adulte et cet agacement mêlé de tendresse que
cela déclenche entre eux!

Ils sont là pour l’enterrement de la grand-mère. Leur fils viendra-t-il
y assister? Quelle est cette jeune femme qui  l’accompagne quand
enfin il arrive? Pourquoi ne le voient-ils pas plus souvent?

Des questionnements, des non-dits qui pèsent, les mots viennent
difficilement, les silences s’installent. On échange des regards, on
soupire, on s’étreint…

Plus tard quand il sera installé avec cette femme retrouvée, seront
évoqués son premier mariage avec Gry ( Blanche Giraud-
Beauregardt ) son enfant et son attitude abandonnique à leur égard.

C’est sa mort qui les rassemblera tous finalement.

Une histoire simple en apparence mais si chargée du poids de la vie
qu’elle nous a saisis et bouleversés dans cette mise en scène
dépouillée de tout artifice qui met si bien en valeur le jeu sensible et
pertinent des cinq comédiens judicieusement retenus pour cette
interprétation.

Le texte traduit par Terje Sinding est édité par L’Arche.

Marie-Françoise Grislin

Le camion au TNS

C’est peut-être une façon d’aller plus loin ou plus au fond de la
provocation que de faire du théâtre à partir d’un film dont
l’existence n’est que parlée.

C’est le pari réussi d’une jeune metteure en scène Marine de
Missolz qui présente au TNS cette pièce « Le camion » une
adaptation en quelque sorte du film éponyme de Marguerite
Duras sorti en 1977 et qui fit plus ou moins scandale car il
bouleversait les codes de la mise en scène cinématographique.
Etait-ce bien un film ? se demandait-on alors. Est-il devenu
théâtre ? Le questionnement reste largement ouvert.

Sur le plateau il y a bien trois comédiens dont deux représentent
les protagonistes du film, rappelons-les, Marguerite Duras, elle-
même et Gérard Depardieu qui, assis autour d’une table lisent le
scénario d’un film possible intitulé « Le camion ». Elle lit, décrit ce
qui pourrait exister : un camion, une femme qui monte dans la
cabine, se met à parler, à chanter parfois.

Lui essaie de suivre, pose quelques questions : « qui est-elle cette
dame ? comment ça va finir ?

Elle lui demande de  » voir  » ce qu’elle imagine. Il affirme que  » oui  »
il voit. Parfois il pose des questions pertinentes, ajoute des
remarques. Avec circonspection il entre dans son propos.
L’imaginaire prend forme et se déroule comme ce camion qui
longe des paysages de terres et de banlieues.

Ce film qui évoquait la possibilité d’un film nous avait fascinés car,
avant-gardiste, poétique, drôle. Ce film on le reçoit comme un
conte, fascinés que nous sommes par le pouvoir suggestif de la
parole.

La mise en scène de Marine de Missolz ne déroge pas à cela. Sur le
plateau le pouvoir des mots, les images qu’ils engendrent sont
portés par Laurent Sauvage dont la voix, la qualité d’élocution, le
rythme, le ton qu’il sait donner à ses paroles sont d’une étonnante
sensibilité, d’une grande sensualité, tout en retenue et
délicatesse. Il tient le rôle de Marguerite Duras. Il se tient face à
nous. Il évoque, suggère, réfléchit, hésite. A ses côtés, celui qui
écoute, c’est Hervé Guilloteau dans un rôle de composition qui en
fait ce personnage intrigué par ce qu’on lui raconte et qui,
manifestement, se concentre pour suivre le déroulé de cette
histoire d’une rencontre insolite entre le chauffeur du camion et
la  » dame « . Il montre un certain embarras, hoche la tête, se gratte
le crâne, s’éponge le front mais acquiesce et dit qu’il  » voit « .

Face à nous, ils nous font entrer dans le jeu de l’imaginaire.

En effet l’interprétation est fidèle à la magie du conditionnel, ce
temps de la langue qui permet le jeu de tous les possibles, celui
qui permet aux enfants de mettre en place des scénarii où ils sont
créateurs réalisateurs et acteurs

Comme dans le film, un écran placé à gauche du plateau laisse
défiler des paysages gris et sans âme.

Pour ne pas rester figés face au public les comédiens se rendent
parfois près d’une petite table qui évoque, bien sûr celle autour de
laquelle se tenaient Marguerite Duras et Gérard Depardieu
Parfois ils entament une chorégraphie à laquelle participe le
troisième comédien, Olivier Dupuy, inventé par la metteure en
scène et censé représenter le deuxième chauffeur, celui qui dort
dans le film. Il devient, ici un témoin muet qui va et vient auprès
des deux autres. Il est comme  » l’oreille « ,  » la pensée « …

Reviennent en boucle les remarques sur l’enfermement dans la
cabine et le regard que tous deux portent sur la route. Le discours
parfois décousu de la femme aborde les questions politiques par
le truchement de ses souvenirs de militante qui a cru à la
révolution par le prolétariat mais qui dit-elle à déchanter en
constatant la collusion entre le capitalisme et le socialisme.

Elle parle aussi d’un enfant nommé Abraham, celui de sa fille.

Est enfin évoquée la probabilité que cette femme se soit
échappée de l’asile situé non loin de là, une personne étrange que
la pièce de théâtre comme le film nous rend paradoxalement
proche et mystérieuse, pour le moins fascinante.

Marie-Françoise Grislin

Aneckxander

Ce spectacle  a été présenté dans le cadre du Festival EXTRADANSE de Pôle Sud Strasbourg

De la danse, peut-être pas, mais une performance remarquable
d’Alexander Vantournhout, un artiste polyvalent, danseur,
circassien, acteur qui a travaillé avec la dramaturge Bauke Lievens
pour monter ce solo qui montre comment le corps peut être mis
dans tous ses états.

C’est à la fois étonnant, drôle, poignant et beau.

Ce grand jeune homme, au visage impassible, au regard
intensément bleu se dénude devant avant d’entreprendre un solo
au cours duquel il met  son corps à l’épreuve. Se succèdent
pirouettes, roulades, plongeons exécutés avec une détermination
sans faille, mais , semble-t-il, mentalement réfléchies, des
exercices comme improvisés, repris avec exactitude d’abord,
avant  qu’il n’y introduise quelques variantes. C’est ainsi  que pour
rendre la performance plus compliquée, plus violente il chaussera
d’énormes chaussures Buffalo et enfilera des gants de boxe. Entre
chaque réalisation, il traverse lentement le plateau pour
déclencher sur le clavier quelques notes d’une composition
d’Arvo PÄRT.

Il nous surprend encore en étirant son cou très long qui le fait
ressembler à un échassier. D’ailleurs le titre du spectacle vient du
mot anglais « neck » qui veut dire « cou »  et du surnom qui lui avait
été donné en raison  de cette particularité de son anatomie.

Les postures qu’il réussit à prendre et à tenir bras et jambes
croisés, tordus, muscles saillants, évoquent les statues des grands
maîtres de la sculpture. Quand il les abandonne soudainement ses
déséquilibres nous font trembler. Il se dégage de cette prestation
l’idée d’une recherche pour explorer le corps, d’une forte
intériorité, d’une grande solitude qu’il semble vouloir rompre en
tendant ses bras vers nous. De toute évidence, il a réussi à
captiver notre regard, à nous troubler et à nous émouvoir.

Marie-Françoise Grislin