Archives de catégorie : Scène

Cadela Força-Trilogie

Chapitre1-La Mariée et Bonne nuit Cendrillon

Vu il y a quelques jours au Maillon ce spectacle nous obsède mais paradoxalement nous empêcherait presque d’en parler.


© Christophe Raynaud de Lage

La brésilienne Carolina Bianchi a conçu, écrit, mis en scène avec le collectif Cara de Cavalo, un travail en deux parties qui porte sur un sujet gravissime, les violences faites aux femmes, à savoir, les viols, les meurtres.

Impliquée, elle-même dans la conduite de la pièce, c’est elle qui ouvre le jeu, en tenue blanche, elle prend place derrière une petite table face au public pour entamer la lecture d’un dossier qui récapitule nombre de ces sombres affaires qui ont défrayé la chronique  depuis de longues années à propos des exactions subies par des femmes.

Quelques vers de Dante, extraits de l’Inferno, puis des citations du Décaméron de Boccace font partie des références mises en exergue dans cette première partie ainsi que des projections de tableaux de Botticelli  intitulés « La chasse infernale » inspirés du Décaméron représentant un  cavalier poursuivant et menaçant de son épée une jeune femme. C’est l’histoire d’un jeune homme Nastagio repoussé par la dame de ses pensées qui assiste à cette poursuite et à l’assassinat de la jeune femme et à son dépeçage, scènes d’une violence extrême destinées à convaincre les femmes qu’elles doivent se soumettre, sinon elles risquent la mort.

Carolina se lance aussi dans le récit de l’épopée de deux artistes italiennes, Pippa Bacca et Sylvia Moro décidées à aller de Rome à Jérusalem, habillées en mariées, par le moyen de l’auto-stop en acceptant toutes les propositions qui s’offriraient à elles et ce pour démontrer que le monde est bon. Mais parce que le conducteur lui semble suspect, Sylvia refuse une voiture, les deux femmes se séparent, Pippa continue seule et sera violée et assassinée en Turquie.

Pendant qu’elle mène son récit Carolina boit à petites gorgées le contenu d’un verre dans lequel, elle nous a prévenu qu’elle a introduit « la boa noite cinderela » (bonne nuit cendrillon), la drogue des violeurs et que bientôt elle risque de s’endormir et devra passer le relais du spectacle à ses partenaires. Cela arrive effectivement, elle s’endort sur sa table.

C’est alors un changement de plateau que mettent en place des comédiens affairés à ouvrir le rideau, installer une immense bâche noire sur le sol y déposer des matelas sur lesquels des tas de sable prennent l’allure de formes humaines. Le nouveau spectacle peut démarrer. Carolina endormie est déposée avec précaution sur un matelas auprès des autres « cadavres ».

Il s’agit de donner une représentation visuelle des propos entendus précédemment et pour ce faire le groupe se lance dans une danse violente, effrénée, brutale, sensuelle. Il n’y a pas de répit à cette mise en évidence des horreurs commises à l’encontre des femmes. Les comédiens osent les attouchements. C’est cru, réaliste, parfois à la limite du supportable. Heureusement la bande-son permet de s’évade ainsi que la lecture des textes sur l’écran qui allège le poids de ce réalisme sordide peut-être parfois trop appuyé et long aussi sur un thème tellement lourd. Bien que les comédiens (Alita, Larissa Ballarotti, José Arthur Campos, Joana Ferraz, Fernanda Libman, Chico Lima, Rafael Limongelli, Marina Matheusent ) très talentueux et pleins d’allant s’investissent à fond, on aimerait plus de respiration et moins de complaisance dans ces scènes qui ne ménagent pas notre sensibilité, à l’instar de la dernière lorsque Carolin, sortie de son endormissement, allongée sur le capot de la voiture qui occupait le fond de la scène depuis le début de cette deuxième partie, se prête, sous le regard de tous, à un examen gynécologique reproduit sur l’écran.

Un spectacle qui a provoqué en nous trouble et malaise bien que le sujet soit d’une brûlante actualité au vu des nouvelles entendues chaque jour sur les vols et les féminicides. Ici tout est dit et montré sans ménagement et l’on en sort « sonné » comme après un cauchemar qui, malheureusement, entretient un rapport évident à la réalité.

Un sérieux coup porté au patriarcat.

Marie-Françoise Grislin pour Hebdoscope

Représentation du 1er février au Maillon

Les Chercheurs

C’est un spectacle que l’on pourrait qualifier de manifeste. Dû à l’initiative du danseur, Ordinateur, pour le collectif La Fleur, dans la mise en scène de la berlinoise Monika Gintersdorfer,  Il est d’’une extrême intensité, tout à la gloire des danseurs-euses africains-nes éblouissants de virtuosité.


©Pascal Schmidt

Avec Alaingo Lamama, Annick Choco, Barro Dancer, Mason Manning, Ordinateur, Joel Tende, Zota La puissance. Tous impressionnants par leur capacité à mettre tout leur corps en mouvement avec une rapidité époustouflante, lançant bras et jambes  pour occuper l’espace au plus loin d’eux, parfois en solo, parfois ensemble dans une superbe chorégraphie qui les réunit  pour porter la danse à son plus haut niveau.

Ils et elles arrivent de Côte d’ivoire, du Congo-RDC, du Gabon où leur style de danse appelé coupé-décalé fait vibrer leurs admirateurs. Arrivés pour se faire connaitre en Europe leur vie devient très compliquée et c’est aussi de cela que leur spectacle tient à nous informer.

L’un ou l’autre vient occuper la scène produisant une danse rapide, athlétique sur des musiques extrêmement rythmées signées Timor Litzenberger, simultanément, des explications sont données sur les difficultés administratives  auxquelles ils ont dû faire face. Que cela concerne la régulation des autorisations à séjourner en Europe, la recherche de logement ou d’emploi quand on se heurte au racisme.
Le titre donné à leur spectacle prend alors tout son sens et tout en étant subjugués par leurs prestations nous ressentons vivement l’importance de leur message qui met directement en cause la capacité des pays européens à accueillir les réfugiés et entre autres les artistes.

Nous mesurons combien il est important que des institutions théâtrales comme le TNS et Le Maillon leur ouvrent régulièrement leurs portes et permettent à un large public de les soutenir.

Marie-Françoise Grislin pour Hebdoscope

Représentation du 8 février au Maillon

Great Apes of the West Coast

Traduction du titre « Grands singes de la Côte Ouest ». Un titre qui évoque l’Afrique, de façon stéréotypée à l’instar de ce décor qui représente une hutte posée sur un sol sablonneux.


©Gilles Njaheut

Un spectacle donné pour la première fois en France et qui nous interpelle tombant juste au moment où la loi sur l’immigration vient d’être promulguée dans notre pays.

Sur le plateau de la salle Gignoux, pendant que s’installent les spectateurs, Princess Isatu Hassan Bangura  qui a  écrit et mis en scène ce spectacle a déjà commencé sa prestation, son corps est agité de tremblements, sa tête effectuant des mouvement répétitifs de torsion et d’inclinaison.

Sa performance est destinée à nous informer de ses origines et de son identité qu’elle revendique comme objets de fierté.

Mais quand le spectacle commence un cri jaillit de sa bouche « fuck » vite traduit par « putain de merde ». On comprendra bientôt les raisons qui lui font proférer ces termes orduriers. Revenant sur son arrivée en Europe, elle, originaire de Sierra Leone où elle a vécu jusqu’à ses 13 ans avant de quitter ce pays en raison de la guerre civile pour s’installer à Maastricht aux Pays-Bas, elle se trouve confrontée à des questions sans cesse réitérées : « Qui es-tu ? », « D’où viens-tu ? », « Quelle est ton histoire ? » qui n’ont de cesse de lui faire sentir une sorte d’illégitimité à être là, du moins la nécessité  de se justifier. Ce sont les raisons qui l’ont conduite à se manifester et à prendre la scène comme lieu pour s’affirmer en tant qu’africaine fière de ses origines et de sa culture, de régler à haute et intelligible voix le problème de ses origines et de son identité, de s’en libérer.

En évoquant les moments forts de son histoire comme le souvenir de ses parents avec elle petite fille sur la plage ou de la peur pendant la guerre où il fallait fuir et ce au moyen de la danse, du chant, de la parole en an anglais ou en krio, le créole anglais, elle se réapproprie pour nous la donner à connaitre ce parcours qui la constitue et qu’elle va clore par une scène typiquement africaine où elle apparaitra vêtue  d’une grande robe dont les manches très larges  et pailletées lui font comme des ailes d’oiseaux quand elle se livre à cette danse endiablée, d’autant plus impressionnante qu’elle a posé un masque sur son visage et une paire de cornes sur sa tête.

La culture africaine au défi de notre regard et de notre entendement.

Marie-Françoise Grislin

Représentation du 7 février au TNS

En salle jusqu’au 14 février

Sans tambour

Sous prétexte d’évoquer la notion d’effondrement, Samuel Achache et son équipe de musiciens et d’acteurs ( Cie La Sourde) ont produit un spectacle extrêmement jouissif en partant d’une histoire simple et archi  banale, à savoir une dispute conjugale se déroulant dans une cuisine, elle-même ordinaire.


© Jean-Louis Fernandez

Lui (Lionel Dray) acharné à réparer le siphon bouché de l’évier, elle (Sarah Le Picard) lui reprochant des préoccupations triviales, son manque criant de romantisme, donc bien décidée à le quitter. Un démarrage digne d’un théâtre de boulevard. Ça c’est l’aspect anecdotique et mise en bouche mais si, côté cour se dressent les murs non plâtrés aux briques apparentes d’une maison inachevée, (scénographie Lisa Navarro) côté jardin a pris place un petit groupe de musiciens (accordéon, clarinette, saxo, violoncelle direction Florent Hubert) qui ont promis de s’attaquer aux lieder de Schumann, une œuvre emblématique du romantisme. Le clin d’œil commence à apparaitre. Vont alors se succéder, s’entrecroiser des démolitions à l’instar de celles qui surviennent dans ce couple, musique transformée, démolition effective des cloisons et des murs avec participation des musiciens qui quittent leurs instruments pour donner un coup de main au ramassage des gravats.

Le comique de situation s’installe à bon escient, accompagné d’un comique de gestes parfaitement maitrisé par ce collectif habitué à jouer ensemble dont la complicité est manifeste et dont le talent au jeu, comme à la musique est sans conteste.

On joue sur des clichés, des situations prises au premier degré alors qu’on en démasque les grosses ficelles soulignées par la musique qui ne lâche rien, la chanteuse Agathe Peyrat doublant les paroles de l’actrice. L’épisode du cœur arraché par le désespoir, perdu et retrouvé est un gag désopilant que Lionel Dray mène avec brio. La prestation de Léo-Antonin Lutinier, interprétant Tristan dans ce rappel de « Tristan et Iseut » qui intervient en contre- point dans la pièce, est également très savoureuse.

Un succès évident pour une pièce menée tambour battant où l’humour et le burlesque l’emportent sur le tragique mais n’oblitèrent pas la réflexion.

Marie-Françoise Grislin

Représentation du 6 février au TNS

En salle Jusqu’au 14 févier

Pli

Pour trois soirées Le Maillon propose à son public de rejoindre le public allemand à la Reithalle d’Offenburg pour assister à la performance d’un chorégraphe Viktor Cernicky, pour le moins original puisque sa prestation  s’opère sur un simple tapis de danse en jouant avec 22 chaises de conférence.


© Vojtech Brtnicky

Tenir en haleine les spectateurs pendant 50 minutes avec comme seules partenaires un groupe de chaises est en soi un défi à relever ce que réussit brillamment cet artiste venu de la République tchèque, qui a déjà été remarqué et félicité pour son travail et qui met en corrélation le corps et les objets le situant entre la danse et le cirque.

Grand et mince, vêtu d’un pantalon noir et d’une veste blanche il esquisse des pas de danse martelant le sol en rythme soutenu, évoluant entre un amas de chaises réunies en faisceau et quelques autres disposées ici ou là sur ce plateau nu et blanc fortement éclairé.

Bientôt il s’en saisit et réaliser avec elles d’étonnantes combinaisons.

Nous allons suivre ce travail d’agencement qui consiste à s’emparer de telle ou telle chaise pour venir l’emboiter méticuleusement sur une autre et ce tout en martelant le sol d’un pas de danse au rythme plus ou moins soutenu en accord avec la recherche de la chaise adéquate ou de son placement sur la précédente. Ainsi s’élaborent des figures, de belles compositions dont certaines ne manquent pas de manifester une certaine fragilité ce qui rend notre artiste parfois circonspect, parfois déterminé à poursuivre, d’où ses piétinements plus ou moins nerveux en face de la nouvelle installation qu’il vient de réussir à mettre en place comme s’il voulait la dompter, ce qui ne manque pas de créer suspense et amusement dans le public attentif au moindre de ses gestes pour parfaire son objet.

Ainsi voit-on apparaître des chaises emboîtées formant une longue ligne oblique qui va soudain s’écrouler, puis les voilà assemblées en demi-cercle comme attendant d’être occupées pour écouter un conférencier. Enfin, et c’est le clou du spectacle, voici que le performeur commence à élaborer, toujours allant et venant en martelant le sol, une sorte de pyramide en disposant les chaises qu’il récupère une à une aux quatre coins du plateau les unes au-dessus des autres rendant au fur et à mesure des rajouts l’édifice de plus en plus fragile, son inclinaison laissant présager un écroulement immédiat. Alors, soutenant la colonne qui menace de tomber il ne dispose que d’un déplacement ultra rapide pour s’emparer d’une ultime chaise qu’il réussit à placer précautionneusement au sommet  de la construction derrière laquelle  il entreprend un jeu d’escalade auquel il renonce  sans doute pour ne pas détruire l’équilibre précaire de ce bel édifice qui est comme l’éloge de la persévérance et de la virtuosité.

Un spectacle original et ludique, très apprécié du public.

Marie-Françoise Grislin pour Hebdoscope

La langue de mon père

La jeune Sultan Ulutas Alopé d’ascendance kurde par son père et turque par sa mère a mis en scène et interprété ce texte qu’elle a écrit et qu’elle interprète pour nous sur la scène du TNS, dans la petite salle du studio Vincent qui crée une proximité avec le public bienvenue pour cette prestation.


©Jean-Louis Fernandez

En toute simplicité, avec naturel, elle s’avance vers nous pour nous conter son histoire et déjà nous informer que malgré ses démarches elle a dû attendre longtemps son permis de séjour ce qui  l’a empêché  de trouver un emploi mais l’a rendue disponible pour se pencher sur son propre parcours, en faire l’objet d’une réflexion, puis d’une écriture.

Une voix off nous apprend qu’elle est en France depuis cinq ans et que la langue française qu’elle a apprise est pour elle comme un gilet de sauvetage. Tant il est vrai explique-t-elle en reprenant la parole devant nous que le problème de la langue est crucial en Turquie où le kurde est interdit ce que très jeune elle a compris, son père s’interdisait de le parler et elle suppliait sa mère de ne pas dire qu’ils étaient kurdes, quitte, paradoxalement, à le lui rappeler à haute voix dans les magasins.

Une évocation dite sans pathos à laquelle se mêlent parfois le chant ou la danse parfois le cri, la colère, tous ces registres nécessaires pour exprimer, faire resurgir ce qu’on a été, ce qu’on est, ce sur quoi on s’interroge « qui suis-je vraiment ? » et comme le disent ceux qui un jour interviennent dans ta vie « D’où viens-tu ? » ce qui veut dire « qui es-tu ? ». Alors se pose cette question récurrente de ton identité.

Et l’on en vient à l’histoire des parents, la mère, turque, le père, kurde, entre eux le désir d’être ensemble, en amour mais le refus des parents de la mère, « un kurde, impossible ! » d’où s’ensuit l’enlèvement pour l’avenir d’un couple qui fera trois filles dont l’une est là sur le plateau à témoigner de cette honte d’être kurde, du secret à garder de cette origine, de cette impossibilité à vraiment la taire. De ce père il est aussi question de son comportement, de ces disparitions soudaines, de ces longues absences qui, lors de ses retours inopinés, font que l’enfant a du mal  à renouer sa relation avec cet homme qui lui paraît étranger et qui pourtant  lui avait dit  un jour qu’elle était comme sa grand-mère. Ce père qui, finalement, abandonnera complètement son foyer laissant sa femme seule avec les trois enfants. C’est alors que notre narratrice se rappelle les paroles de sa mère : « désormais c’est toi l’homme de la maison » elle avait huit ans !

C’est à Paris, mariée à un Français qu’elle réalise cette histoire complexe et décide d’apprendre la langue du père, cette langue kurde qu’ici on peut apprendre librement.

Un témoignage bouleversant donné dans un cadre très sobre avec comme seul accessoire et partenaire une simple chaise sur laquelle repose une veste d’homme représentation de ce père  à qui elle finit par dire « je te pardonne ».

Marie-Françoise Grislin pour Hebdoscope

Représentation du 23 janvier
En salle jusqu’au 2 février

Le Iench

Premier spectacle programmé par Caroline Guiela Ngugen, la nouvelle directrice du TNS .

« Qui sera le prochain ? » tel est le leitmotiv que l’on entendra tout au long du spectacle, énoncé sous forme de rap par les différents protagonistes qui construisent cette histoire d’une famille originaire du Mali, implantée  dans une des régions industrielles de la France besogneuse .


© Arnaud Bertereau

« Qui sera le prochain ? » question, prélude à la litanie des noms des jeunes victimes des exactions de la police au cours des dernières années, comme celui bien connu d’Adama Traoré.

La réponse est au bout de ce spectacle qui nous conte l’histoire d’une famille banale, le père Issouf (Emil Abossolo-Mbo) travaille à l’usine, à la maison la femme, Maryama(Salimata Kamaté) s’occupe des courses, du ménage et de la cuisine secondée par sa fille Ramata (Olga Mouak), dont le frère jumeau, Drissa (Souleymane Sylla) va et vient avec des copains dont le jeune Mandela (Frederico Sernedo) et Karim (Chakib Boudiab) pendant que le plus jeune, Seydouba reste encore à la maison. Drissa, lui, ce grand jeune homme de 18 ans qui a mis de côté sa scolarité rêve d’avoir un chien, un iench, seulement voilà son père s’y oppose fermement et c’est l’occasion d’une terrible confrontation entre eux et pour le père celle d’une parfaite démonstration de l’autorité patriarcale.

Ainsi va la vie, Ramata rapporte régulièrement les réflexions, les quolibets qui lui sont envoyés en raison de sa couleur de peau, Drissa cherche à la protéger et veut lui épargner les avances de ses copains.

La scénographie d’Aurélie Lelaignen, simple mais pertinente permet de suivre la vie quotidienne de la famille, un énorme cube blanc posé sur le plateau est régulièrement tourné et s’ouvre alors pour montrer le salon où parents et enfants se retrouvent assis sur des canapés ou des coussins autour de la table basse où sont servis les repas et le café et où ont lieu les remarques et les disputes.

Nous sommes en quelque sorte mêlés à leur vie quotidienne où apparait nettement le sort qui est réservé aux femmes, celui du travail à la maison, pour la mère, évidemment et pour la fille, même si elle suit une scolarité normale et persévère en dépit des humiliations subies parce qu’elle est noire.

Leur gestuelle, leur façon de s’habiller comme Drissa toujours avec son sweat rouge, capuche sur la tête, leur façon de parler tout semble bien observé, et fait montre d’une authenticité qui nous les rend proches et pour peu qu’on habite une banlieue ou certains quartiers on les reconnait comme nos voisins, jeux de ballon entre copains devant l’immeuble  ou à proximité des maisons, empoignades et chamailleries pour des riens, mais parfois on se met à danser chorégraphie (Kettly Noel).

Un parti pris de réalisme conforme au projet de Eva Doumbia, l’autrice et metteure en scène de ce spectacle, directrice de la Cie La Part du Pauvre /Nana Triban qui  cherche à  écrire et à monter des histoires dans lesquelles la diversité est clairement montrée et représentative du fait que la France fut un pays colonial, et que les descendants des colonisés habitent, près de nous comme  la famille dont il est question ici ce qui ne manque pas  de laisser paraître certaines formes de racisme et de rejet de l’autre. Preuve en est donnée avec ces scènes où Drissa tente d’aller en boîte comme les jeunes de son  âge et se fait refouler durement sans autre raison que la couleur de sa peau. Cette couleur qui entraîne un quiproquo significatif quand Ramata, lors d’un cours de danse où le professeur demande de porter un collant « chair » pose la question pourquoi un collant « cher » car chez elle on évite les dépenses excessives et qu’on lui répond « couleur de « peau» c’est-à-dire « rose » pour les Blancs  majoritaires à ce cours .

Drissa se rêve comme tout le monde et pour cela avoir un chien malgré l’interdit paternel qu’il finit par outrepasser et qui lui vaudra une telle raclée qu’il quittera la maison. Alors aux prises avec la police il se retrouve leur victime, c’est lui ce « prochain » dont on se demandait qui il serait, au grand désespoir de sa famille et de son entourage. Ainsi la liste s’agrandit-elle sans pour autant se clôturer.

Un spectacle qui touche de près le quotidien des populations afroeuropéennes et le font entrer de plein droit dans le corpus de la littérature et du théâtre.

Marie-Françoise Grislin pour Hebdoscope

Représentation du 9 janvier au TNS

Il Tartufo

Certes Il y a de la gêne car lire les traductions (de Carlo Repetti) et suivre l’action n’est pas toujours simple ni confortable mais le plaisir a dominé, car le jeu est si vivant, si emporté qu’il nous séduit. Cette mise en scène de Jean Bellorini qui signe également la scénographie avec Francesco Esposito et la lumière pour le teatro di Napoli nous plonge littéralement dans « le théâtre », autant dans Molière que dans l’Italie et nous dirions, surtout l’Italie car ça démarre à l’italienne. Sous le regard d’un Christ  vivant accroché  dans la lumière sur une immense croix de bois, posé contre le mur, surgit dans un fauteuil roulant, Madame Pernelle (Betti Pedrazzi), véritable imge de la « Nonna » qui se lance illico dans une verte semonce adressée à toute la maisonnée qui refuse, selon elle, de reconnaitre les immenses qualités de monsieur Tartuffe, (Federico Vanni) leur hôte accueilli, admiré et chéri par son fils  Orgon, (Gigio  Alberti) prêt à lui donner sa fille Marianne (Francesca De  Nicolais)  en mariage au grand  dam de celle-ci et de la servante Dorine (Angela  De Matteo) qui crie au scandale.


© Ivan Nocera

Tout cela se déroule au vu et au su de tous car la scénographie fait astucieusement évoluer les personnages dans un espace ouvert où se côtoient un salon avec chaises et canapé et une cuisine où les servantes s’emploient à préparer les repas servis sur la grande table qui jouxte les deux espaces, très souvent utilisée comme lieu de rencontre, d’affrontement et enfin cachette pour amener la  révélation  de  la véritable personnalité de Tartuffe.

Cette œuvre qui fait partie des classiques régulièrement étudiés pendant notre scolarité, voilà qu’elle nous est offerte dans cette version italienne et nous paraît revigorée, dynamisée par un jeu d’acteurs plein de vivacité où fusent les répliques soulignées par une gestuelle qui ne ménage pas ses effets avec trépignements, sursauts, embrassades  pas de danse esquissés pour dire le contentement, ronds de jambe, minauderies lors des  entreprises de séduction de Tartuffe. Le tout accompagné de chansons, de musique et même de coups de tonnerre. Les comédiens italiens sont  amoureux du jeu et  cette pièce leur donne tout loisir de l’exprimer puisqu’elle  leur propose  des scènes dans lesquelles les personnages sont eux-mêmes en train de jouer, on pense à la scène de dépit amoureux entre Valère et Marianne, à la scène de provocation entre Dorine et Marianne, à propos de son éventuel consentement au mariage avec Tartuffe et surtout à la scène où Elmire (Teresa Saponangelo) se laisse aller aux avances de Tartuffe pour montrer à son mari caché sous la table, le vrai visage de son protégé.

Les personnages affirment ainsi leur caractère, Madame Pernelle dans l’indignation, Orgon dans l’autorité, Elmire dans la dignité et l’audace, Dorine dans la révolte, Marianne, dans le désespoir, Valère (Jules Garreau) dans la provocation, Cléante (Ruggero Dondi ) dans le bon sens, Damis (Giampiero Schiano) dans la colère. Ainsi nous paraissent-ils proches et familiers d’autant que les costumes de Macha Makeieff en font des gens ordinaires, les hommes en costume, les femmes en robe, jupe ou tabliers avec ce petit clin d’œil à la couleur, Tartuffe est tout en noir tandis que Cléante le frère d’Orgon, l’homme du bon sens est tout en rouge .

Ce côté familier est également mis en valeur par la proximité qu’ils instaurent avec le public devant lequel, attrapant deux chaises qu’ils placent au bord du plateau ils viennent régulièrement s’installer pour parler de leurs problèmes, nous prenant quasiment à témoins des préoccupations causées par l’attitude d’Orgon et de Tartuffe.

S’Il y a une démarche pour aller vers la dénonciation de l’hypocrisie, de l’imposture et de la bigoterie incarnées par le personnage de Tartuffe, il ne faut pas omettre de souligner combien la pièce se veut aussi une revendication de la liberté, de l’émancipation des jeunes et des femmes vis-à-vis d’un patriarcat encore très installé dans ce XVIIème siècle et qui est quelque peu mis à mal quand Tartuffe est démasqué grâce à la finesse d’Elmire et que cela permet à Orgon de retrouver sa lucidité et de reconnaitre les sentiments de sa fille pour son amoureux.

Molière a fait de cette pièce un hommage au jeu et les acteurs italiens nous en ont transmis le bonheur.

Marie-Françoise Grislin pour Hebdoscope

Représentation  du 12 décembre, TNS

Evangile de la nature

Ce n’est pas sur la pointe des pieds que Stanislas Nordey quitte la scène strasbourgeoise qu’il dirigea neuf années durant mais par une brillante interprétation d’un texte fondamental le « De rerum natura » du philosophe et poète Lucrèce qui vécut de
95 à 55 av J-C, traduit par Marie Ndiaye avec la collaboration d’Alain Gluckstein, adapté et mis en scène par Christophe Perton.


© Jean-Louis Fernandez

Avoir choisi cette oeuvre est un superbe cadeau qu’il fait au public du TNS car elle résonne de façon étonnante avec ce que nous vivons actuellement et d’une manière cruciale, qu’il s’agisse du dérèglement climatique qui impacte gravement l’environnement ou des conflits survenant pour des problèmes de territoires ou des questions religieuses, sans oublier l’angoisse existentielle qui gagne bien des esprits qui ne savent à quel saint se vouer. C’est justement à ne pas chercher de remèdes à nos maux en s’en remettant à des puissances extérieures à nous-mêmes, à des dieux hypothétiques et muets à nos souffrances, à ces superstitions qui nous obligent à certaines conduites par crainte d’une éternelle punition dans  un au de-là imaginaire, et à balayer toutes ces croyances, c’est à cela que s’emploie Lucrèce dans ce poème largement inspiré par les idées et l’enseignement d’’Epicure, le maître qu’il tient en grande estime et dont il ne cesse de faire l’éloge.

Que nous soyons, comme tout l’univers, les plantes et les bêtes constitués d’atomes voués à la finitude pour qu’en d’autres ils se reconstituent, se régénèrent, quelle révélation ! C’est l’athéisme avant l’heure, celui sur lequel le christianisme a posé une chape de plomb et pour lequel plus d’un fut condamné à la mort. C’est cet éloge de la raison que Stanislas Nordey va nous transmettre dans ce seul en scène où il se révèle magistral car on le sent habité par les idées de Lucrèce.

L’espace choisi pour cette prestation est signé du metteur en scène lui-même, Christophe Perton qui l’a imaginé sobre et pertinent, transformant le plateau en une sorte de boîte noire au centre de laquelle tourne un grand disque noir et dont les parois sont trois écrans où sont projetés des gravures représentant des roches, des montagnes, des déserts, et des photos de la mer des vagues, des gouttelettes innombrables comme le atomes … 

Sortant de l’ombre, le comédien pieds-nus, en pantalon noir, tee-shirt moulant transparent, s’avance vers nous car  les paroles de Lucrèce sont adressées à un de ses disciples et en l’occurrence, ce soir nous tenons son rôle. Pesant ses mots, rythmant ses phrases, ménageant des respirations, des silences, parcourant le plateau, enjambant le cercle  pour y méditer, suspendre son discours, s’allonger pour regarder le ciel, il ménage ses effets avant de revenir vers nous, tendant les mains, levant les bras pour stimuler notre écoute et souligner ce qu’il juge capital à faire comprendre, car raisonner et comprendre sont  aux yeux du poète, indispensables. La musique, un continuum de Emmanuel Jessua  et Maurice Marius, s’inscrit discrètement dans la parole mais  il arrive qu’elle la souligne parfois fortement suivant en cela l’intensité du propos.

Pressentant les questions sur la formation de l’univers il explique le big bang, la formation des planètes et de tout ce qui existe par le mouvement et la combinaison des atomes, ces mêmes atomes dont nous sommes constitués et qui après notre mort se reconstitueront en d’autres formes vivantes. Alors pourquoi craindre la mort, en avoir la hantise et se gâcher la vie par cette obsession puisqu’elle ne fait que nous réinsérer dans l’ordre de la nature, l’âme et l’esprit disparaissant avec le corps. Ainsi Lucrèce nous apprend -il à vivre au mieux notre vie en à nous débarrassant de ce qui pèse sur elle, la religion et ses dogmes, l’envie d’acquérir des biens superflus et cela justifie sans doute l’emploi du mot « évangile »  qui signifie « bonne nouvelle » placé dans le titre du spectacle .

Stanislas Nordey met toute sa conviction à nous la transmettre, visage et corps soigneusement mis en lumière puis disparaissant dans l’obscurité pour de courts moments propices à l’assimilation de ce que l’on vient d’entendre.

Un spectacle qui fait appel à notre intelligence et à notre sensibilité et nous procure le plaisir du théâtre et la jouissance de la connaissance.

Marie-Françoise Grislin pour Hebdoscop

Représentation du 13 décembre, TNS

En salle jusqu’au 21 décembre

Race

Ils sont déjà sur le plateau quand nous pénétrons dans la salle, le parcourant à grandes enjambées, se croisant, s’arrêtant un court instant avant de reprendre ce mouvement brownien qui nous les montre comme fort déterminés. Côté cour, une comédienne enroule sur une pelote un fil d’ortie.


C’est un très beau travail que nous a présenté au Diapason de Vendenheim, la Cie Les Gladiateurs dirigée par Beatriz Gutierrez qui a mis en scène, avec son assistant Sylvain  Wolff et la chorégraphe  Sabine Grislin le texte « Race » de Pascal Rambert, un texte qui donne à entendre une critique radicale du monde occidental auquel nous appartenons et auquel il s’adresse, non pas dans un discours politique structuré, ni avec l’emphase des tribuns  mais par le moyen sublime de la poésie qui permet à chaque mot de  devenir vibration pour notre intelligence sensible. Un texte que vont porter avec conviction les trois comédiens et la danseuse venus des quatre coins du monde, comme, d’entrée de jeu, ils nous le feront savoir dans une courte présentation.

C’est le camerounais, Achille Gwem qui s’avance le premier pour dire la nécessité du théâtre et affirmer qu’il est la vie. Puis nous entendrons Beatriz Gutierrez révéler ses origines chiliennes, elle, fille de réfugié politique, Antoine Pham dit ses origines vietnamiennes et Sabine Grislin évoquera son parcours de danseuse et trapéziste et citera les mots de Qudus Onikeku chorégraphe nigérian qui parle de la mémoire du corps.

Tout est intelligemment choisi en fonction de ce texte particulièrement puissant qui relève sans concession les préjudices de l’histoire et lance l’exigence de réparation. Un texte que l’on entendra dans sa quasi-totalité et que se sont appropriés les comédiens, le recréant pour nous avec une parfaite maîtrise et une totale conviction. Ils sont les porteurs des voix d’Afrique, d’’Arabie, d’Asie, un chœur formé de comédiens amateurs venant apporter la dimension universelle au propos.

Ainsi la scénographie est-elle très simple, laissant toute sa place au travail des comédiens, seuls éléments du décor ces deux chaises, l’une, côté jardin sur laquelle reposent, trois crânes factices, l’autre, côté cour sur laquelle est posée la pelote de fil, le fil de l’histoire ? Les couleurs des costumes ont été inspirées par un tableau représentant l’Apocalypse. Pour Achille, sa tunique est verte, celle d’Antoine rouge, la robe de Beatriz est bleue, celle de Sabine, jaune. Nous sommes sensibles à ces références qui contextualisent avec justesse les propos à venir ainsi qu’au travail des lumières de Xavier Martayan.

Les mots que nous allons entendre vont être réitérés de façon lancinante et tout d’abord cette adresse « Europe mon amour » qui ne laisse aucun doute sur le fait que nous sommes impliqués dans cette litanie des torts immenses que nous avons fait subir aux peuples des autres continents au cours des décennies passées, un temps long signifié par ce leitmotiv « Et puis c’est le jour. Et puis c’est la nuit » et la reprise comme un refrain de cette interrogation « combien de jours et combien d’incendies » …

Une petite pièce grotesque proposée par l’auteur a été retenue par la metteuse en scène pour être jouée. Annoncée comme « drame de la bêtise » elle en dit long sur les comportements de certains de nos compatriotes au cours des décennies passées. C’est Achille qui distribue les rôles, l’un représentant le soldat, un autre les habitants de la ville de Draguignan qui se précipitent au bordel, le troisième mime la femme venue d’une colonie française, la Cochinchine, objet de leur convoitise, et que leurs abus feront mourir. 

Dans la deuxième partie de ce « drame de la bêtise » on parle d’un chef kanak dont on a coupé la tête pour l’exposer à Paris. L’acteur africain est chargé de distribuer les rôles, assumant cette tâche de manière expéditive comme pour une affaire presque trop entendue… ce qui ne laisse aucun doute sur ce qu’il faut penser de nos pratiques coloniales.

Après cet intermède grinçant, les comédiens nous ramènent à l’âpreté du propos, à cette vigoureuse interpellation qui doit sortir le destinataire de son sommeil, de son amnésie, lui qui sera qualifié par « le plus pauvre des plus pauvres » au fil du texte, de « masse blanche, ronfleur, beau monstre, frère froid, violent, tortionnaire, criminel,  brûleur et  perçu comme « l’adulte du nord », « le technicien aveugle » appartenant à ce« peuple de géomètres » qui dit « apporter la lumière et rend tout à l’obscur ». Les comédiens pour proférer ces titres se plantent devant nous ou se mettent à distance pendant que la danseuse évolue autour d’eux, donnant du mouvement à la  parole, « l’expressivité » du corps faisant éclater autant l’indignation que l’accablement ou le sursaut de la révolte puis ils parcourent le plateau en accentuent leurs dires d’une gestuelle sobrement maîtrisée mais toujours pertinente car il n’est pas nécessaire d’en rajouter, les scènes évoquées sont suffisamment suggestives pour qu’elles nous fassent frémir.

Ce sont des scènes de prise de possession, d’asservissement qui sont ici révélées, de la terre, du corps des femmes, des fils, du sang, de la langue, mettant en évidence cette suprématie qui humilie, comme cette image qui revient à maintes reprises du « frère, à genoux, en train d’astiquer les chiures de mouches », cette suprématie qui condamne au travail forcé, à la déportation dans ces barques de bois qui sont comme des tombeaux.

Entre ces moments de parole, souvent rythmées par le slam et dites avec la force que leur donne la nécessité de devoir présenter de telles infamies pour les faire connaître, les comédiens esquissent des rapprochements entre eux, des pas de danse se prennent par la main, puis se dispersent  pour proférer leur texte et  faire surgir les visions d’horreur que l’auteur veut porter à notre mémoire, celles par exemple du père  qui tient sa tête coupée dans ses mains, de ses habits tachés de sang, et des soldats tout autour, tête que l’on retrouvera plus tard à la Société anthropologique de Paris où les savants disent qu’elle est creuse et « faite pour porter des caisses de bois » alors que le fils, lui-même victime, proclame : « mon père et le père de mon père pensent encore dans ma tête que tu viens de couper » annonçant déjà par ces mots le « nous reprendrons tout » qui sera un jour proclamé avec la vengeance inéluctable, en échos aux mots du chœur « Mouche O Mouche que ne les as-tu piqués et piqués ».

Chacun dans sa langue natale récapitulera les horreurs qui furent commises et pourra souhaiter qu’un jour sur l’homme s’abatte le déluge.

Et au final, sur la musique du rappeur Eli Finberg, s’organise la danse du commerce triangulaire, une danse collective pendant laquelle sont énumérées toutes les richesses volées au pays d’Afrique, d’Asie, d’Arabie, d’Amérique du sud et où revient scandé par tous, le cri de « réparation » une réparation réclamée par le peuple de ce « quart -monde, demi-monde où l’homme l’est à demi, mains et jambes pour porter » et qui ne cesse de répéter « le FMI m’a affamé ».

Puis dans le silence qui s’installe on ne perçoit plus qu’un battement de cœur.

Au salut les interprètes restent dans la lumière face à nous qui devenons avec eux dénonciateurs des infamies de la colonisation et demandeurs d’une juste réparation.

 Nous sortons bouleversés, révoltés mais pleins de reconnaissance pour Pascal Rambert qui a écrit ce texte et pour ceux qui l’ont interprété, porté à notre connaissance avec tant de justesse et de conviction.

Marie-Françoise Grislin pour Hebdoscope

Représentation du 9 novembre 2023 au Diapason de Vendenheim